ITW réalisée par Dominique Boulay pour Paris-Move
Février 2026
Crédit photo du duo en début d’ITW: Mat Ninat
Chronique de l’album sur Paris-Move (chronique signée Patrick Dallongeville)
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PARIS MOVE: Qu’est-ce que cet album dit de Blues Corner aujourd’hui, par rapport à votre album précédent?
Blues Corner: Le premier album était instinctif. Écrit dans la foulée de changements importants dans ma vie professionnelle et privée. Ce second album est plus posé. Il décrit au travers de trois courants du Blues ce que nous vivons et ce que nous aimons dans cette musique qui est notre grande passion. Un voyage dans le Chicago Blues, l’Americana/ Country Blues et le Blues Rock.
PM: Y a-t-il une évolution consciente de votre blues, ou est-ce quelque chose qui s’est imposé naturellement?
Blues Corner: Nous sommes très attentifs à conserver les racines du Blues. Une musique simple, facile d’accès à tous et émotionnelle avant tout. Pas démonstratif, une puissance dans les nuances et toujours une lueur d’espoir même dans les moments difficiles
PM: Quels artistes, sons ou périodes ont le plus nourri l’écriture et les arrangements, exceptés les artistes avec lesquels vous avez collaboré?
Blues Corner: En toute humilité… Bernard Allison, Eric Clapton, Matt Schofield, Altered Five Blues Band, mais aussi Mark Knopfler, Chris Réa…
PM: Comment s’est déroulé l’enregistrement avec Sonny Landreth et comment cela s’est-il passé?
Blues Corner: Nous sommes entrés en contact avec lui via notre ingé son, Christophe Battaglia, qui avait déjà travaillé avec lui. Très simple d’abord, il a tout de suite adhéré au projet. Nous lui avons envoyé des pistes de quelques titres pour avis et il a proposé Highway of Love. Quelques semaines plus tard nous lui avons envoyé les pistes de base et il a enregistré des parties dans son studio de Lafayette, en Louisiane. Et a très gentiment fait des vidéos. Il a joué ce qu’il sentait sur ce titre et les pistes étaient vraiment toutes excellentes. Le plus difficile a été de choisir quelles parties garder. Nous lui avons bien entendu envoyé le titre avec les arrangements proposés. Il était ravi du résultat. Nous sommes restés en contact depuis. C’est un homme charmant et très attentionné.
PM: Et celui avec Fred Chapelier?
Blues Corner: Nous connaissions Fred car nous l’avions rencontré au studio la Batta Mobile, il y a deux ans. Lorsque nous avons réfléchi à ce que nous voulions faire dans cet album, son nom est tout de suite venu sur la table. Il a tout de suite accepté en toute simplicité cette collaboration. A l’image de ce qu’il est, en fait. Nous sommes partis sur deux titres avec lui. Piggy Bank Blues, qui est un des piliers de l’album et Too Busy, un titre qui fera partie du prochain album que nous devrions enregistrer dans quelques mois et qui sortira en 2027. Fred est venu au studio pour les prises de son. On a passé un super moment avec lui. Nous n’avions pas mis de contraintes sur ce qu’il avait à jouer. Juste Fred, le titre et la magie d’un grand musicien qui opère. Le résultat a été au-delà de nos attentes. Un jeu fluide, sans superflu, qui va à l’essentiel, totalement dans l’esprit des titres. C’est l’apanage des grands guitaristes qui se mettent au service des morceaux pour les sublimer et ne font pas dans le démonstratif alors que leur grande technique instrumentale leur permettrait de faire… Piggy Bank Blues a rencontré un beau succès depuis sa sortie et Fred a beaucoup contribué à cela. Nous sommes régulièrement en contact avec lui. C’est une très belle rencontre.
PM: Idem avec Marco Cinelli?
Blues Corner: Nous connaissions bien entendu les Cinelli et ce groupe nous captive de par son originalité et sa créativité, sa présence sur scène et la qualité des musiciens qui le compose. Un de nos amis, le chanteur Stéphane Filey, connaissait Marco Cinelli personnellement. Il nous a mis en contact avec lui et nous l’avons rencontré au festival Blues sur le Zinc. Le courant est immédiatement passé entre nous. Il est venu au studio pour les séances d’enregistrement. Nous avons passé des moments exceptionnels avec lui aussi. Avec de grandes qualités humaines, il reste un musicien hors pair. Chanteur et multi instrumentaliste, il s’est posé sur deux titres à la voix dont un à la guitare également. Là encore, il avait carte blanche. Il s’est posé avec délicatesse et grand talent sur les pistes déjà enregistrées. Les parties de voix qu’il a fait sont terribles et le solo de fin de Living my Life est lui aussi assez extraordinaire. On a été littéralement scotchés par le personnage, à tous les niveaux. Artistique, humain… Marco nous suit et prend régulièrement des nouvelles. Nous sommes ravis de voir le succès grandissant de son groupe, qui le mérite bien.
PM: Avez-vous eu des désaccords créatifs marquants sur cet album?
Blues Corner: Aucun désaccord, juste des ajustements. Sur les structures, les arrangements, le mixage. Cette aventure a été menée de main de maître par notre ami Bruno Dandrimont, qui a fait la direction artistique. C’est un ami de longue date qui possède un Track record impressionnant dans le monde musical. Il s’était déjà occupé de notre précèdent album.
PM: En quoi le fait d’être un duo influence-t-il l’intimité ou la sincérité de votre musique?
Blues Corner: Avec Seb on se connait depuis longtemps et on partage les mêmes passions. Nous sommes engagés à 200% dans cette aventure et ce n’est pas tous les jours simple. A deux on tient la barre, nos sensibilités se combinent et on en fait une force. Seb c’est notre encyclopédie dans le Blues, moi je suis dans les harmonies qui donnent un côté plus moderne et actuelle à notre musique. Et Seb et moi nous cultivons des valeurs de vie simples et sincères. On ne cède jamais à la facilité et on reste fidèle à ce qu’on est. C’est très important pour nous et pour notre musique aussi.
PM: Quels sont les thèmes centraux qui traversent ce double album?
Blues Corner: La pression financière de la société actuelle. La perte de connexion avec la réalité à cause d’internet et des réseaux sociaux. Et surtout l’importance de vivre et profiter de chaque moment. Même quand cela n’est pas facile… L’importance de prendre du recul dans ses positions. Savoir ce qui est bon ou mauvais est très relatif… La liberté, dans un monde où la société nous happe avec des contraintes grandissantes (travail, etc.). Les racines qu’il ne faut pas oublier, et… le rêve et les grands espaces américains. Beaucoup de choses, en fait! (Rires)
PM: Qui sont les musiciens que vous avez recrutés pour l’enregistrement?
Blues Corner: C’est détaillé dans la pochette l’album: Voice: Marco Cinelli (5, 9), Phil Roman, Guitars: Fred Chapellier (7), Bruno Dandrimont, Phil Roman, Bass: Zizou Sadk, Keyboards: Gaël Cadoux (1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15), Jean Luc Leonardon (4, 8, 14), Seb Oroval, Harmonica: Christophe Dupeu (1, 3, 4, 6, 11, 12, 14), Seb Oroval, Drums: Olivier Baldissera (1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 15), Hubert Motteau (6, 12, 16), Slide guitars: Michel Yves Kochman (1, 3, 6, 7, 9, 12, 13, 14, 15, 16), Sonny Landreth (10), Pedal Steel: Jean Yves Lozac’hv (11, 14)
PM: Est-ce que ceux qui étaient en studio, seront les mêmes on stage?
Blues Corner: Sur scène nous sommes 5 musiciens. Ceux de l’album (Phil, Seb, section rythmique et guitare). Mais en fonction du contexte nous pouvons être 6 ou 7.
PM: Y a-t-il des morceaux particulièrement personnels ou difficiles à enregistrer?
Blues Corner: Tout est personnel, en fait… Je tiens particulièrement à Our Legacy qui est une tranche de vie pour moi. Living my life est aussi un titre qui compte beaucoup..
PM: Où et comment avez-vous enregistré l’album? Live, studio, hybride?
Blues Corner: 100% en studio à La Batta Mobile.
PM: Aviez-vous une esthétique sonore précise en tête dès le départ?
Blues Corner: Nous voulions un album sincère et pas démonstratif. Un album qu’on puisse jouer sur scène avec la même énergie. Avec une ambiance et un son compact qui donne le sentiment de prises live en studio.
PM: Un moment de studio dont vous vous souviendrez longtemps?
Blues Corner: Les journées guests. Les repas avec les musiciens avec les anecdotes et les fous rires…
PM: Vous vous définissez pourtant comme un groupe de scène plutôt que de studio, pourquoi?
Blues Corner: Parce que le studio ne nous intéresse pas. On a fait tout cela pour pouvoir partager notre musique sur scène avec le public. Il n’y a que ça qui compte pour nous.
PM: Comment aimeriez-vous que l’auditeur écoute ce double album: d’une traite, par étapes, au hasard?
Blues Corner: Comme un roadtrip où l’on découvre et apprécie chaque étape. Nous l’avons organisé pour faire voyager les auditeurs dans un univers Blues assez large. Et lui faire découvrir des choses qu’il n’irait pas spontanément écouter.
PM: Avez-vous pensé à un double CD studio/ live pour la prochaine fois?
Blues Corner: Ce sera un album 12 titres. Dont 6 sont déjà en boîte… Une suite logique à All What We Are.
PM: Que découvrira le public qu’il n’avait jamais entendu chez Blues Corner auparavant?
Blues Corner: Beaucoup de choses ont changé depuis cet album. Des chœurs, plus d’harmonica, un second guitariste qui envoie, et on joue à présent avec la section rythmique de l’album. Et une connexion avec le public sur laquelle nous avons beaucoup travaillé au travers de nos concerts.
PM: Si ce double album devait être résumé en une phrase chacun, quelle seraient chacun des vôtres ?
Phil: Tout ce que nous sommes. Rien de plus, rien de moins.
Seb: Un voyage de 60 minutes dans l’univers du blues tel qu’on l’aime.
PM: Vos objectifs et vos projets?
Blues Corner: Des concerts, des concerts, des concerts…
Après cette interview il ne nous reste plus qu’à souhaiter bonne chance à ces nouveaux aventuriers de la scène blues hexagonale… Et rappeler que si une personne se sent motivée, après audition de l’opus et lecture de cette ITW, pour filer un coup de main aux musiciens pour leur communication et leur trouver des dates de concert, elle sera la bienvenue!
ITW réalisée par Dominique Boulay pour Paris-Move

