La Nuit Européenne des Musées, 15ème édition

PARIS-MOVE, May 25th 2019 – La Nuit Européenne des Musées, 15ème édition
Musée de l’Air et de l’Espace, aéroport de Paris-Le Bourget, 18/05/2019

Le musée de l’Air et de l’Espace de Paris-Le Bourget a ouvert gratuitement ses portes le samedi 18 mai 2019 de 18 h à 23 h pour célébrer son centenaire, à l’occasion de la 15ème édition de la Nuit européenne des musées (plus de 2 millions de visiteurs en France).

En sus des animations inédites pour les petits, le grand public a pu monter à bord de 3 appareils “aménagés” (parois découpées, vidéos explicatives, guides de l’AAMA…).

Dans le hall 1939-1945, l’exemplaire du Douglas C-47A Skytrain, issu de l’avion de transport civil Douglas DC-3 et repeint aux couleurs de Buzz Buggy (2 moteurs Pratt & Whitney, vitesse maximale: 370 km/h, altitude: 7 300 m), a pris part au Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie en larguant les parachutistes américains et en assurant leur ravitaillement.

Sur le tarmac, le “jumbo jet” Boeing 747-128A est sorti d’usine en 1972 (4 réacteurs Pratt & Whitney, vitesse de croisière: 900 km/h soit mach 0,84, altitude: 13 000 m).
Ce long courrier permettait de transporter 55 tonnes, dont 357 personnes, sur la ligne Paris-New York. Disposés tête-bêche, les Concorde 001 et Sierra Delta sont respectivement la version d’essai et la version commerciale de l’avion supersonique franco-britannique. Le premier vol du prototype a eu lieu en 1969, et le certificat de navigabilité a été délivré à la version commerciale en 1975 (vols commerciaux de 1977 à 2003).

Le Sierra Delta (4 turboréacteurs Rolls-Royce à post-combustion développés pour le bombardier britannique Avro Vulcan, vitesse de croisière: mach 2,02, altitude: 16 000 – 18 000 m) reliait Paris à New York en 3h30… pour un tarif “aller simple” de 8 500 euros en 2001!

Parmi les expositions permanentes indoor, le hall de l’entre-deux-guerres joue sur notre fibre nostalgique avec les avions de chasse puis de voltige Dewoitine, Morane-Saulnier, et des écorchés de moteurs à cylindres en étoile ou en V. “L’aigle solitaire” Charles Lindbergh, entré dans la légende en devenant le premier pilote à relier New York à Paris en 1927, est célébré sur panneaux géants… Il faudra se fendre d’un pèlerinage jusqu’au National Air And Space Museum de Washington pour admirer son monoplan Ryan M-1 “Spirit Of Saint Louis”.

Le hall des voilures tournantes, très dense, permet d’appréhender les illusions perceptives des pilotes et de démystifier quelques phénomènes fondamentaux comme la portance au niveau des ailes d’avion ou des pales d’hélicoptère.

Dans le hall de la cocarde, le Mirage F1 de Dassault en plexiglas constitue depuis le SIAE (Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace) de 1977 – soit l’année du crash mortel du Fairchild A-10A sur le site – le nec plus ultra en termes d’outil de vulgarisation scientifique.

Les férus de technique ont rendez-vous au hall des prototypes pour revivre le développement du statoréacteur, système de propulsion par réaction (poussée produite par éjection des gaz de combustion du kérosène) sans pièce mobile, à travers l’emblématique et rétro-futuriste Leduc 010 de 1946 à cabine excentrée. Inconvénient majeur du procédé: l’absence de propulsion à vitesse nulle.

N’étant pas accessibles ce jour, les fusées Ariane 1 (1979-1986) et Ariane 5 (1996-2023), lanceurs de l’Agence Spatiale Européenne développés pour placer des satellites sur orbite géostationnaire, feront l’objet d’un article ultérieur.

Nous ne saurions trop conseiller aux absents la séance de rattrapage du 53ème SIAE qui réunira du 17 au 23 juin 2019 l’ensemble des acteurs de l’industrie autour des dernières innovations technologiques (site web ICI). Paris-Move se fera l’écho de ce rendez-vous sur terre des professionnels du ciel.

Jean-Christophe Baugé
BLUES MAGAZINE/ JAZZ NEWS/ LEGACY (DE)/ METAL OBS’/ CLASSIC OBS’/ PARIS-MOVEROCK & FOLK