HEAVY SOUND FESTIVAL 2026

HEAVY SOUND FESTIVAL 2026

16 mai 2026, Maeke-Blyde, Poperinge, Belgique

Texte et Photos: Jean-Christophe Baugé (BLUES MAGAZINEJAZZ NEWSLEGACY (DE)MYROCKPARIS-MOVEROCK & FOLK)

Le Heavy Sound Festival, qui s’était inscrit dans la légende en proposant rien de moins que Gary Moore, Motörhead et UFO en têtes d’affiche de ses éditions de 1983 à Bruges, puis 1984 et 1985 à Poperinge, s’est rappelé à notre bon souvenir le samedi 16 mai 2026 au Maeke-Blyde de Poperinge. La sympathique organisation flamande, fidèle à sa ligne éditoriale, a orienté le trip nostalgique vers les seconds couteaux de la NWOBHM (New Wave Of British Heavy Metal). A deux exceptions près: les Franco-Belges d’Existance, dont le chanteur/ guitariste Julien Izard exploite sa filiation avec feu le frontman d’H-Bomb (à l’affiche en 1984), et la Canadienne Lee Aaron (à l’affiche en 1985) pour un show européen exclusif, prologue à… un voyage d’agrément à Rome!

Bénéficiant d’une confortable heure de jeu, au détriment de la tête d’affiche dont l’heure de passage tardive aura découragé de nombreux fans pantouflards, Elixir est le premier combo plus foncièrement «underground» que culte provenant de la Perfide Albion, dont la carrière a brui lors du passage de l’ex-cogneur d’Iron Maiden Clive Burr en ses rangs en 1988. La suite est une histoire de destins parfois intriqués, souvent brisés.

Tytan, formé en 1981 par le chanteur/ bassiste Kevin Riddles (1957-2025) et le batteur Dave Dufort – frère de la batteuse de Girlschool Denise Dufort – après la dissolution de leur groupe Angel Witch, est désormais mené par le rondouillard mais compétent Mark Hale. Tout le monde suit?

En 2026, l’Angel Witch du chanteur/ guitariste Kevin Heybourne ne peut plus guère se prévaloir que du single «Baphomet» inclus dans la compilation Metal For Muthas et d’un solide premier album homonyme sorti en 1980, tandis que Girlschool s’obstine à jouer les prolongations (la reprise mal dégrossie du «Race With The Devil» de Gun), nonobstant une rythmique à bout de souffle. Les fins diagnosticiens, de ceux qui qualifient les faits et assument un jugement, parlent jusqu’ici de «menu fretin».

Il est établi que le Raven des frères John (chant, basse) et Mark (guitare) Gallagher, formé à Newcastle en 1974 et stabilisé en 1979 autour de l’excentrique batteur Rob Hunter, est l’un des pères fondateurs de la très hétérogène NWOBHM et du speed/ thrash US. Le power trio va pourtant apostasier après la tournée américaine Kill ’Em All For One ouverte par Metallica en 1983, et l’on prête aujourd’hui à l’athletic rock impudemment dilué de The Pack Is Back (1986) autant de valeur qu’un assignat de l’an IV. Animé par une conscience revancharde, le quinzième album All Hell’s Breaking Loose est celui des structures les plus alambiquées (l’introduction de «Surf The Tsunami»), des tempi les plus enlevés (le morceau-titre), dans lequel la fratrie ventripotente, mais remontée à la surface par un technicien de la double pédale qui ne fait pas de prisonnier (l’ex-Fear Factory Mike Heller), pioche sans vergogne pour exploser nos cages à miel en présentiel. Du thrash qui tache, à défaut de death qui tue!

A l’instar de ses consœurs Lita Ford aux USA et Dorothee Pesch en Allemagne, la Canadienne Karen «Lee Aaron» Greening a débuté sa carrière, sexualisée, en poster de Hard Rock Magazine, lequel osa même une double page sur son cameltoe en Spandex rouge (Heavy Sound Festival 1985) pour la promotion du second album Call Of The Wild. Mais la metal queen, n°1 en son pays avec «Watcha Do To My Body» (1989), n’a jamais perdu la maîtrise de son destin, adoptant une stratégie de contournement jazz/ blues au plus fort de la vague grunge briseuse de carrières. Et surtout, en s’entretenant. La «sexygénaire», deux fois mère, se paie désormais le luxe de rester dans son couloir de nage, pratiquant un rock hard auquel le guitariste Sean Kelly et son batteur «favourite heartbreaker breaker» de mari John Cody – par ailleurs tous deux scribes rock – apportent la nécessaire nuance. Sans forcément s’associer aux croisades gauchistes du moment, «Rock Bottom Revolution» brille au milieu des standards – propriétés d’Unidisc – toujours chantés dans leur tonalité d’origine, sans conflit esthétique avec le rappel «I’m A Woman» de Koko Taylor, nous arrachant un trop court instant à la gangue terrestre.

Setlist RAVEN

  1. Can’t Take Away The Fire
  2. Hell Patrol
  3. The Power
  4. Top Of The Mountain
  5. Surf The Tsunami
  6. All For One
  7. Rock Until You Drop
  8. Guitar Solo
  9. Faster Than The Speed Of Light
  10. Pick Your Window
  11. For The Future
  12. Bass Solo
  13. All Hell’s Breaking Loose
  14. On And On
  15. Break The Chain
  16. Rock Bottom (UFO)/ Victim Of Changes (Judas Priest)/ Breadfan (Budgie)/ Supernaut (Black Sabbath)/ Children Of The Grave (Black Sabbath)
  17. Chain Saw

Setlist LEE AARON

  1. Metal Queen
  2. Hot To Be Rocked
  3. Powerline
  4. Lady Of The Darkest Night
  5. Fire And Gasoline
  6. Hands On
  7. Steal Away Your Love
  8. Shake It Up
  9. Deceiver
  10. Some Girls Do
  11. Sex With Love
  12. Barely Holdin’ On
  13. Rock Bottom Revolution
  14. Nasty Boys
  15. Watcha Do To My Body
  16. Metal Queen

Rappel

  1. I’m A Woman (Koko Taylor)

Texte et Photos: Jean-Christophe Baugé (BLUES MAGAZINEJAZZ NEWSLEGACY (DE)MYROCKPARIS-MOVEROCK & FOLK)