Alcatraz Festival – 07 au 10 août 2025
Courtrai / Kortrijk, Belgique
Pour sa 17ème édition, notre festival belge préféré a revu ses ambitions à la hausse, sur 4 jours, partageant les têtes d’affiche, d’Extreme à Machine Head, avec ses partenaires de l’UFF, United Festival Force: le Motocultor en France, le Bloodstock Open Air en Angleterre, le Brutal Assault en République tchèque, le Dynamo Metalfest aux Pays-Bas, le Leyendas Del Rock en Espagne et le Summer Breeze en Allemagne.
Texte et Photos: Jean-Christophe Baugé (BLUES MAGAZINE/ JAZZ NEWS/ LEGACY (DE)/ MYROCK/ PARIS-MOVE/ ROCK & FOLK)
On n’a jamais deux occasions de faire une première bonne impression. Et Overkill, thrash band de la côte Est étatsunienne aussi qualitatif qu’Anthrax et Nuclear Assault, a peut-être pâti d’avoir présenté un premier album, Feel The Fire (1985), moins référentiel que son successeur, Taking Over (1987). Depuis la fin de son contrat avec Atlantic en 1995, le groupe joue plus ou moins la carte de la radicalité, et œuvre en sous-marin sans jamais décevoir. The Wings Of War, 19ème album studio en 39 ans de carrière, est produit par le bassiste historique D.D. Verni et le guitariste soliste Dave Linsk. Qui offrent un boulevard au nouveau batteur Jason Bittner, ex-Shadows Fall et remplaçant de Ron Lipnicki. Des descentes de fûts au phaser aux combats de rue au taser, il n’y a qu’un jet de pavé: «Believe In The Fight» entre en résonance avec la France des gilets jaunes en colère. Avec, en sus, un parfum d’Anthrax (le guitariste Dan Spitz a fait partie du groupe en 1981). Le chant parfois poussé et braillard de Bobby «Blitz» Ellsworth («Bat Shit Crazy», en référence à la mascotte ailée du groupe, «Out On The Road-Kill») est un majeur dressé au-dessus d’un poing serré. «Where Few Dare To Walk», écho d’un Metallica période «(Welcome Home) Sanitarium», est le petit caillou dans la chaussure qui envoie balader la banalité. Le cocktail est-il assez pimenté pour que les prescripteurs de tendances préfèrent le groupe à Exodus ou Testament pour évoquer un «extended» Big Four of thrash?
Avatar le bien-nommé, de Göteborg en Suède, propose une musique multifacette, particulièrement insaisissable sur son 6ème album. Le chanteur à face de joker Johannes Eckerström, exalté par la ménagerie de Jean de la Fontaine qui instruisait les hommes, s’est improvisé fabuliste et a développé le concept de Feathers & Flesh autour d’une chouette en guerre contre le lever du soleil. Le recueil de poèmes de 60 pages, disponible en sus à la vente, n’est pourtant pas un indispensable. Il faut surtout retenir que l’album est une conjonction de courants éloignés voire contradictoires de metal, une œuvre évènementielle par la quantité d’idées, de mélodies et de climats proposés. Ainsi, «House Of Eternal Hunt», écrite par le guitariste Tim Ohrström pourtant peu versé dans le speed à la Helloween, encapsule le power metal up-tempo des trois premiers albums, les ponts atmosphériques de Black Waltz (2012), le feeling mainstream de Hail The Apocalypse (2014), et une première nouveauté: le chant clair. La seconde est imputable à cette collaboration avec Sylvia Massy, productrice et ingénieure du son perchée de System Of A Down et Tool: un son massif pour la section basse/ batterie sur «One More Hill» (autoparodie de «Let It Burn») et «Pray The Sun Away». «For The Swarm», plagiat de SOAD, déborde donc du trait. Mais pas plus que «Raven Wine» par rapport à Gojira. Tout ce que touche Avatar se transforme en metal… Puisse-t-il s’agir d’or, au regard des futurs chiffres de ventes.
15 titres pour 75 minutes: Catharsis rompt avec les vertus fécondes de la forme brève que Machine Head – Robert «Robb» Flynn (ex-Vio-lence), chanteur/ guitariste expert dans l’ablation sanguinaire des tumeurs de son groupe – célébrait depuis le méchant Burn My Eyes en 1994. En butte aux chicaneries des fans américains peu friands d’incursions en territoire nu metal, Machine Head surfe au creux de la vague entre Supercharger (2001) et The Blackening (2007) et trace, depuis, le chemin d’une reconquête… totale? Ce neuvième album, le plus varié à ce jour, s’ouvre aux quatre vents: Korn («Beyond The Pale»), Slipknot («Volatile», écrit en réaction au meurtre à la voiture de Charlottesville en 2017), violons («Heavy Lies The Crown»), et chant clair («Behind A Mask», flûte pour oreilles chastes) dont «Ten Ton Hammer» (Burn My Eyes) et «Hallowed Be Thy Name» (compilation Kerrang de 2008) avaient laissé entrevoir les prémices. Robb sait ce qui est commercial sans sacrifier à son intégrité, comme verbaliser ses états d’âme sous forme de commentaires sociaux. En fan de Grandmaster Flash, il commence par rapper sur «Triple Beam», cette balance triple faisceau avec laquelle les dealers pèsent leur came. Puis, sur quatre accords, il dédie un «Bastards» post-Trump à ses deux fils, avec cette retenue diplomatique qu’on retrouve dans le camp des malsains à l’islamogauchisme bien enkysté: «Give us all your muslims […], we put ’em in our mix», nous serine-t-il, arc-bouté sur l’opinion supposée de ses auditeurs, soumis avec le sphincter bloqué en position ouverte, comme sur la pochette. Fallait-il attendre plus d’un ex-toxico, reconverti en dealer pour ne plus se défoncer avec son propre stock de speed?
Alcatraz Festival – le 08 août 2025
Alcatraz Festival – le 09 août 2025
Alcatraz Festival – le 10 août 2025
Texte et Photos: Jean-Christophe Baugé (BLUES MAGAZINE/ JAZZ NEWS/ LEGACY (DE)/ MYROCK/ PARIS-MOVE/ ROCK & FOLK)



























