MOCKINGBIRD HILL – Melting Pot

Mad Ears Productions
Folk, Rockin' blues
MOCKINGBIRD HILL - Melting Pot

À l’origine (et au cœur) de Mockingbird Hill se trouve le producteur, songwriter et multi-instrumentiste britannique Andy Littlewood, personnage singulier s’il en fut… Singulier certes, mais pourtant tellement caractéristique de l’évolution du music business à l’anglaise (voire mondial), depuis l’effervescence des swinging sixties. À l’époque en effet, quelques entrepreneurs indépendants tels que Larry Page (Kinks, Troggs) Joe Meek (Billy Fury, Tornados), Giorgio Gomelski, puis Mickie Most (Yardbirds, Animals), Mike Vernon (John Mayall, Fleetwood Mac, Chicken Shack, Savoy Brown), Chas Chandler (Hendrix, puis Slade) ou encore Peter Grant (Led Zep) érigèrent, sur le modèle managérial initié par Brian Epstein avec les Beatles (puis Andrew Loog Oldham auprès des Stones), de modestes contre-pouvoirs leur permettant de négocier pied à pied avec des maisons de disques jusqu’alors omnipotentes. Maintenant que celles-ci se sont dissoutes dans des consortiums aussi opaques que nébuleux, et que ce sont les algorithmes qui tirent désormais les ficelles d’un secteur profondément transformé à l’ère numérique, les successeurs des pionniers pré-cités se voient contraints de se diversifier pour survivre. C’est ainsi que l’on retrouve à présent ce brave Andy (“dis moi oui“, comme le chantait la regrettée Catherine Ringer) à cornaquer des artistes de variété tels que Limahl, Vanilla Ice ou Lisa Lisa, et à composer (et produire) des musiques pour des génériques TV, ciné et autres jeux vidéo, tout en poursuivant de loin en loin quelques projets personnels un peu moins alimentaires, tels ce Mockingbird Hill, dont voici le troisième album en 13 ans. Comme son titre l’indique, on y trouve un peu de tout : du heavy rock-blues entre Wishbone Ash et Thin Lizzy (“Slow Down”, “Six Strings And A Melody” et ce “Dead End Street” sans relation avec celui de Ray Davies), certaines réminiscences du British blues-boom (le shuffle “Chicago Blues”, les hollers “Delta Sky” et “Melting Pot”, le proto-rockab’ sur Diddley beat “One Way Traffic” ou le mid-tempo cuivré “Far Away”, avec son Hammond à la Georgie Fame), ainsi que du folk-rock millésimé seventies (ces “Southern Seduction” et “Arizona Sunset” entre Peter Green et Gerry Rafferty), quelques ballades radio-friendly à équidistance de Chris Rea et Matt Bianco (“Maybe Today”,”Wild Blue Yonder”), voire même un ragtime blues fourbu à cornet, piano droit et trombone (le très réussi “Prohibition”). Andy y assure à lui seul, outre le chant, les guitares, les claviers et la basse, tandis que Pete Nelson officie aux drums, Andreus Linsdell à la slide guitar et à la pedal-steel, et que quelques guests relèvent le line-up de leurs contributions respectives (le guitariste Giovanni Bruno sur trois titres, le claviériste Vic Martin sur deux autres, et l’harmoniciste Dave Hunt sur une seule plage), et que l’on reconnaît la signature familière du renommé Pete Feenstra sur un brelan de lyrics. Un album plaisant, dont on ne s’attendra pas à ce qu’il révolutionne les divers genres abordés. Une question demeure toutefois sans réponse: qui joue du violon non crédité sur la plage titulaire?

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, November 1st, 2026

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