| Blues, Folk, Rock |
Auteur-compositeur, guitariste et chanteur, le Stéphanois Louis Mezzasoma célèbre avec cet opus (dont le titre ne doit donc rien à Alvin Lee) une décennie de carrière, au cours de laquelle il a non seulement déjà publié quatre albums, mais exercé son art selon des formats aussi divers qu’en groupe, en duo avec un batteur ou en one man band. C’est en trio avec Maxence Melot (basse, Fender Rhodes, guitare et chœurs) et Arthur Parmentier (batterie, chœurs, percussions) que Louis (chant, guitares, dobro, cigar-box, banjo, mandoline) nous livre dix nouvelles compositions de son cru, assorties d’une cover de Robert Johnson. “She Told Me” ouvre le ban sur un Hills Country beat à la manière de Cedric Burnside. La voix, assurée bien qu’encore juvénile, s’y déploie avec aisance entre les chœurs et l’entrelacs des instruments, avant que l’irrésistible rhythm’blues “Outlaw” n’en prenne la relève pour un jerk comme le pratiquaient en leur temps Arthur Conley, Joe Tex, Wilson Pickett et Junior Wells. “Three Strings” poursuit dans cette veine, avec pour special guest l’harmoniciste des Mountain Men, Barefoot Iano. Ce dernier participe à quatre autre titres, dont “He’s Gone” que Louis exécute au dobro et à la slide, dans une savoureuse veine bluegrass jug band appalachienne. C’est selon une respectueuse orthodoxie que celui-ci interprète ensuite le “Kind Hearted Woman Blues” du légendaire sorcier du Delta blues, avec, outre ses six cordes, pour discret soutien la basse de Maxence, avant que celle-ci ne propulse l’irrésitible et funky “Be Smooth” (auparavant sorti en single), dans l’esprit de G-Love & Special Sauce (avec un Barefoot Iano à nouveau impérial). Le lent et hanté “No Pain No Gain” rappelle d’autres classiques tels que le “Serves You Right To Suffer” de John Lee Hooker, tandis que sa facture ne va pas sans évoquer celle qu’auraient pu lui appliquer Kelly Joe Phelps ou Ry Cooder. Le fataliste “Cry Little Baby Cry” propose une première oasis folk, avant que le sépulcral “Dead Bird” n’emprunte son pathos au Neil Young de “Zuma” (d’autant que Maxence et Arthur y adoptent le groove fourbu des Talbot et Molina de Crazy Horse), et que l’incantatoire “Panda Panda” ne reprenne la geste exaltée des fratries Burnside, Kimbrough et Dickinson. Louis clôt ce bien bel album sur le dylanesque “Sometimes It’s Raining”, auquel l’harmo de Iano appose un contrechant aussi crucial que délicat. Une œuvre dont la touchante sincérité mériterait assurément de dépasser les frontières exiguës de notre Hexagone.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, October 7th, 2026
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Disponible le le 6 novembre 2026 en CD, Vinyle et Digital.
Album à précommander sur le Bandcamp