Joey DeFrancesco – Live at Keystone Korner (FR review)

Mack Avenue Music Group – Street date : October 16, 2026
Blues, Jazz
Joey DeFrancesco

Tiens, il pleut. Et comme souvent lorsque le ciel est gris, lorsque la lumière semble s’être retirée du monde et que les heures prennent cette couleur indécise des souvenirs, la nostalgie finit par l’emporter sur la raison. Il suffit parfois d’une pochette, d’un visage familier, d’un nom que l’on croyait rangé dans un coin de sa mémoire, pour que le passé revienne avec une précision presque douloureuse. En regardant celle de Joey DeFrancesco, disparu en 2022, je ressens forcément quelque chose de particulier. Il y a chez certains musiciens une présence qui survit à leur disparition, non pas parce que leur nom serait devenu mythique, mais parce que leur musique continue de posséder cette étrange capacité à entrer dans notre vie comme si elle en avait toujours fait partie. Joey est de ceux-là. Il n’était pas simplement un organiste, ni même seulement un formidable musicien de jazz. Il était de ces artistes qui semblent avoir compris très tôt que leur instrument n’était pas un objet posé devant eux, mais une extension de leur propre respiration. L’orgue Hammond, la trompette, le saxophone, tout semblait chez lui appartenir à un même langage. Un langage dont il avait progressivement effacé les frontières, jusqu’à faire entendre derrière chaque instrument une seule et même voix, la sienne. C’est donc avec une émotion difficile à dissimuler que j’aborde Live at Keystone Korner, son premier album posthume, enregistré à Baltimore les 12, 13 et 14 août 2022, quelques semaines seulement avant sa disparition, et qui constitue son dernier enregistrement connu comme chef de groupe. Sa parution en 2026 donne évidemment à l’écoute une résonance particulière. Mais il faut immédiatement se méfier de la tentation de transformer ce disque en tombeau sonore. Joey DeFrancesco n’y joue pas comme un homme qui sait qu’il va disparaître. Il joue comme il a toujours joué, avec cette énergie presque insolente, cette curiosité, cette gourmandise du son et ce besoin de faire circuler la musique. C’est précisément pour cela que le disque bouleverse. La mort est absente de ces enregistrements. Elle est seulement dans nos oreilles, parce que nous, aujourd’hui, connaissons la suite.

Ce qui frappe d’abord, c’est que Joey DeFrancesco semble encore vouloir repousser les limites de ce que l’on croit connaître de lui. Il aurait pu se contenter de reprendre le rôle dans lequel l’histoire du jazz l’avait installé, celui du grand organiste Hammond, héritier de Jimmy Smith et de toute une tradition dont il avait été l’un des principaux passeurs vers les générations contemporaines. Il choisit au contraire de se déplacer. Il joue de l’orgue sur une grande partie du programme, mais abandonne les claviers sur « Free » pour prendre la trompette, puis sur « Lady G » pour passer au saxophone ténor. Lucas Brown, lui, quitte la guitare pour prendre l’orgue sur ces deux morceaux, tandis qu’Anwar Marshall demeure à la batterie. Ce simple échange pourrait paraître anecdotique. Il ne l’est pas. Il révèle quelque chose de fondamental chez DeFrancesco : son identité musicale ne dépendait pas d’un instrument. Elle le précédait. Qu’il soit assis derrière son Hammond, qu’il porte la trompette à ses lèvres ou qu’il saisisse le saxophone, on retrouve cette même façon de faire naître une phrase, de la faire respirer, de la placer dans le temps et surtout de la laisser retomber exactement là où elle doit retomber. Chez lui, le timbre change, mais la pensée musicale demeure.

Il est pourtant impossible de parler de Joey DeFrancesco sans revenir à l’orgue. Parce que c’est là que son histoire devient aussi celle d’un instrument. Lorsque le jeune musicien s’impose, l’Hammond n’est plus tout à fait au centre de la modernité jazz. L’histoire avait connu Jimmy Smith, Larry Young, Shirley Scott, Richard « Groove » Holmes et tant d’autres, et l’orgue avait laissé derrière lui une empreinte immense dans le soul jazz, le blues et le rhythm and blues. Mais comme souvent dans le jazz, les instruments qui ont connu leur heure de gloire finissent par être considérés comme les représentants d’une époque. DeFrancesco a refusé cette assignation. Il n’a pas cherché à faire croire que l’orgue était autre chose que ce qu’il était. Il a fait mieux : il a démontré qu’il pouvait encore devenir autre chose. Il l’a ramené dans le présent. Il lui a rendu sa puissance, sa sensualité, son caractère terrien, mais aussi sa capacité à dialoguer avec les langages contemporains. Sa contribution à la résurgence de l’orgue dans le jazz est aujourd’hui largement reconnue, mais les formules consacrées finissent parfois par masquer l’essentiel. Joey n’a pas seulement remis un instrument à la mode. Il lui a rendu une nécessité.

Car l’orgue Hammond possède une particularité que DeFrancesco avait parfaitement comprise : il est à la fois soliste, accompagnateur, bassiste, machine rythmique et instrument harmonique. Il peut occuper l’espace de plusieurs musiciens sans jamais donner l’impression d’être seul. Entre les mains d’un mauvais joueur, cette richesse peut devenir une surcharge. Entre celles de Joey, elle devenait une architecture. Ses pieds, ses mains, ses changements de registres, ses attaques et ses silences construisaient une sorte de paysage sonore mouvant. Il pouvait faire surgir une basse sous une ligne mélodique, épaissir soudainement un accord, laisser un espace à la batterie, puis revenir avec une phrase qui semblait avoir attendu exactement le bon moment. Le fameux groove, le pocket, cette science du placement rythmique dont parlait si justement le critique du New York Times lorsqu’il évoquait chez lui une autorité incontestable et cette maîtrise des lignes de basse qui viennent se glisser sous les accords et les riffs, n’était pas chez DeFrancesco une simple affaire de virtuosité. C’était une manière d’habiter le temps. Il ne jouait pas seulement dans le tempo. Il jouait à l’intérieur du tempo, comme si chaque battement possédait une profondeur qu’il fallait explorer.

C’est là que son art devient passionnant, parce que le groove chez Joey n’a jamais été l’ennemi de la sophistication. Il y a eu, dans l’histoire récente du jazz, une curieuse opposition entre ceux qui privilégiaient l’intelligence harmonique et ceux qui revendiquaient le plaisir immédiat du rythme. Comme si penser et faire danser étaient devenus deux activités incompatibles. DeFrancesco n’avait rien à faire de cette séparation. Il pouvait être d’une précision harmonique redoutable tout en restant profondément attaché au blues, au gospel, au soul jazz et à cette pulsation qui donne au jazz sa dimension presque physique. Sa musique savait réfléchir sans perdre le corps. Elle savait être virtuose sans devenir froide. Elle pouvait être complexe sans avoir besoin de le faire savoir. C’est probablement cette alliance qui explique sa longévité et la place singulière qu’il occupe aujourd’hui encore.

Live at Keystone Korner permet d’entendre cette philosophie avec une netteté particulière. Le groupe n’est constitué que de trois musiciens : Joey DeFrancesco, Lucas Brown et Anwar Marshall. Pourtant, à l’écoute, on a souvent l’impression d’un ensemble plus important. Un trio qui sonne comme un quintette, parfois même davantage. L’explication ne réside pas seulement dans les possibilités de l’orgue. Elle tient à la manière dont chacun occupe l’espace. Lucas Brown ne se contente pas d’accompagner Joey. Il participe à la conversation, laisse des respirations, répond, relance, puis prend lui-même la responsabilité de l’orgue sur deux morceaux. Anwar Marshall, de son côté, n’est jamais relégué à la fonction de simple gardien du tempo. Sa batterie est une matière vivante qui soutient, pousse, retient et libère. Et au milieu de cette conversation, Joey distribue les rôles avec une liberté remarquable. Il n’a pas besoin de tout contrôler pour rester le centre de gravité du groupe. Il sait que le jazz commence précisément lorsque chacun cesse de jouer uniquement pour soi.

Cette confiance dans le trio est peut-être l’une des plus belles choses de cet enregistrement. On entend des musiciens chevronnés qui connaissent suffisamment leur métier pour ne plus avoir besoin de démontrer qu’ils savent jouer. La démonstration est remplacée par l’écoute. Les thèmes sont là comme des portes que l’on ouvre avant de partir ailleurs. Il y a des mélodies, des motifs, des structures, mais rien ne semble définitivement fixé. La musique avance par petites poussées, par échanges, par intuitions. Le concert devient alors ce qu’il devrait toujours être : un lieu où l’œuvre n’est jamais totalement achevée. Un studio peut fabriquer la perfection. Une scène fabrique autre chose, quelque chose de plus fragile, de plus imprévisible et, pour cette raison même, de plus humain. Le Keystone Korner devient ici un espace de rencontre, et l’enregistrement en conserve suffisamment la respiration pour que l’auditeur ait presque le sentiment d’être assis quelque part dans la salle, à quelques mètres des musiciens.

La qualité sonore joue évidemment un rôle essentiel dans cette sensation de proximité. L’enregistrement possède cette précision qui permet d’entendre les différentes strates du trio sans transformer la musique en objet clinique. L’orgue garde sa profondeur, sa chaleur et cette puissance légèrement granuleuse qui fait tout son caractère. La guitare conserve son relief. La batterie respire, avec ses attaques et ses résonances. Mais le plus important est ailleurs. Une excellente prise de son ne vaut que si elle permet de retrouver la présence. Ici, elle y parvient. On entend moins un produit fini qu’un moment capturé. C’est une différence considérable. Dans un disque de studio, le musicien peut être transformé en image sonore. Dans un grand disque live, il redevient un corps, une présence dans une pièce, un homme qui joue devant d’autres hommes et d’autres femmes. Joey DeFrancesco avait précisément besoin de cet espace-là.

Il y a également quelque chose de profondément américain dans cette musique. Non pas une Amérique de carte postale, mais celle des petites salles, des clubs, des églises, du blues, du gospel, du jazz de quartier et de cette longue histoire musicale où les frontières entre les genres n’ont jamais été aussi étanches que les historiens aiment parfois le prétendre. DeFrancesco appartenait à cette tradition. Il savait que le jazz n’avait jamais été une musique enfermée dans une définition. Il pouvait venir du bebop, du hard bop, du blues, du soul jazz, du gospel ou du funk, puis repartir ailleurs. C’est cette circulation qui rend sa musique si difficile à réduire à une catégorie. On pouvait parler d’organ jazz, bien sûr, mais cela ne disait pas grand-chose. On pouvait parler de soul jazz, de jazz contemporain ou de groove. Tout cela était vrai et tout cela était insuffisant. Joey DeFrancesco jouait du jazz comme on habite une langue maternelle : sans avoir besoin de choisir à chaque phrase quelle grammaire employer.

Son rapport aux différents instruments confirme cette impression. Il est assez rare qu’un musicien puisse passer de l’orgue à la trompette puis au saxophone sans que l’auditeur ait le sentiment d’écouter trois personnalités différentes. Chez Joey, au contraire, les instruments semblaient communiquer entre eux. Sa trompette ne cherchait pas à imiter l’orgue, pas plus que son saxophone ne tentait de reproduire son jeu de clavier. Mais on retrouvait dans les trois cas la même conception du phrasé, la même attention portée à la pulsation, cette même capacité à faire entrer le blues dans une phrase sans jamais le réduire à une formule. Il possédait une véritable pensée instrumentale. Chaque instrument lui offrait un autre moyen de dire quelque chose, mais ce quelque chose restait fondamentalement le même.

Sur « Free », lorsqu’il prend la trompette tandis que Lucas Brown s’installe derrière l’orgue, la permutation produit justement cette étrange sensation de continuité. L’orgue change de mains, mais pas de fonction. Joey, libéré des claviers, peut alors projeter son discours dans l’espace avec une autre respiration. Sur « Lady G », le saxophone ténor introduit encore une autre couleur. Là encore, il ne s’agit pas d’un simple exercice de virtuosité. DeFrancesco ne cherche pas à nous rappeler qu’il sait jouer de plusieurs instruments. Il les utilise parce que la musique lui demande de changer de voix. C’est une nuance importante. Chez les grands multi-instrumentistes, la virtuosité devient véritablement intéressante lorsqu’elle cesse d’être visible.

Et puis il y a les titres eux-mêmes, qui semblent former, sans l’avoir nécessairement voulu, une sorte de journal intérieur. Awake and Blissed, Vibrations in Blue, Free, Lady G, In Times of Reflection, Inner Being, Roll With It, One More Blues. Rien qu’à travers ces intitulés, on pourrait imaginer une trajectoire allant de l’éveil à la réflexion, du mouvement intérieur au blues final. Il faut pourtant éviter de lire le disque à travers la seule connaissance de la disparition de Joey. Ce serait lui imposer un sens qu’il n’avait pas lorsqu’il jouait. Ce qui frappe, au contraire, c’est l’absence de tout sentiment de fin. Même lorsque la musique devient plus méditative, elle reste tournée vers l’avant. DeFrancesco cherche, écoute, relance. Il n’est pas dans le souvenir. Il est dans le présent.

C’est sans doute ce qui rend l’idée d’album posthume à la fois juste et insuffisante. Oui, ce disque paraît après sa mort. Oui, il constitue son dernier enregistrement connu comme leader. Oui, cette connaissance transforme nécessairement notre manière de l’écouter. Mais la musique elle-même refuse la posture testamentaire. Elle n’est pas un adieu. Elle n’est pas une lettre laissée sur une table avant de partir. Elle est un concert. Et cette distinction est essentielle. Joey DeFrancesco n’y apparaît pas comme une figure figée dans la mémoire du jazz, mais comme un musicien encore en train de chercher quelque chose. Il y a quelque chose de presque cruel dans cette constatation. Quelques semaines après ces concerts, il n’était plus là. Pourtant, dans ces heures enregistrées au Keystone Korner, rien ne semble terminé.

On mesure alors ce que la disparition d’un musicien change dans notre rapport à son œuvre. Avant sa mort, nous écoutions Joey pour ce qu’il était. Après sa mort, nous l’écoutons aussi pour ce qu’il représente. C’est inévitable, mais il faut parfois lutter contre cette seconde lecture. Un artiste ne devrait pas être condamné à devenir son propre monument. La meilleure manière de lui rester fidèle est peut-être de continuer à écouter sa musique avec la même liberté qu’il mettait dans son jeu. De ne pas transformer chaque note en symbole. De ne pas chercher dans chaque silence une prémonition. De laisser simplement la musique faire son travail.

Joey DeFrancesco laisse derrière lui une œuvre considérable, plus de trente albums, des collaborations nombreuses, une reconnaissance critique importante et une influence qui dépasse largement le cercle des spécialistes de l’orgue Hammond. Mais les chiffres, les distinctions et les biographies finissent toujours par réduire les musiciens à des lignes. La musique, elle, résiste. Elle est plus difficile à résumer. Elle oblige à écouter. Et c’est peut-être là que se trouve le véritable héritage de Joey. Il n’a pas seulement montré qu’un instrument ancien pouvait retrouver une place dans le jazz moderne. Il a rappelé que la tradition ne survit que lorsqu’un musicien accepte de la faire vivre avec son propre corps, ses propres contradictions, ses propres envies. L’orgue qu’il a reçu de Jimmy Smith et de ceux qui l’ont précédé n’est pas celui qu’il transmet. Entre les deux, il y a sa personnalité, son époque, ses rencontres, ses voyages, ses recherches et cette curiosité qui ne l’a jamais quitté.

Il faut aussi saluer ce qui, chez lui, était peut-être le plus difficile à reproduire : le plaisir. Joey aimait jouer. Cela s’entend. Il y a dans sa musique quelque chose de profondément joyeux, même lorsqu’elle se fait sombre. Une joie qui n’est pas naïve, mais qui vient de la connaissance intime de la musique. Le plaisir de trouver une bonne note, d’entrer dans le groove, de faire répondre la batterie, de surprendre le guitariste, de déplacer une phrase et de sentir qu’elle tombe exactement au bon endroit. C’est un plaisir artisanal, presque physique. Il rappelle que le jazz n’est pas seulement une histoire d’idées, mais aussi une histoire de corps, de souffle, de mains, de pieds, de vibrations et d’écoute. Chez DeFrancesco, l’intelligence musicale n’a jamais été séparée du plaisir de jouer.

C’est pourquoi «One More Blues», le dernier titre de l’album, résonne si fortement. Un blues de plus. Rien de plus simple, en apparence. Et pourtant, après avoir entendu Joey passer de l’orgue à la trompette, de la trompette au saxophone, après avoir entendu le trio respirer ensemble, cette expression prend une profondeur que nous ne pouvons plus ignorer. Un blues de plus, comme si le musicien savait qu’il pouvait toujours en jouer un autre. Un blues de plus, comme ceux que l’on ajoute à une conversation lorsqu’on n’a pas encore envie de rentrer chez soi. Un blues de plus, parce que la musique n’a jamais besoin de connaître sa dernière note pour continuer d’exister. Nous savons aujourd’hui que Joey n’en jouera pas un autre. Mais lui, lorsqu’il était sur cette scène, ne le savait pas. Et cette ignorance donne au disque sa beauté la plus bouleversante.

Alors oui, il pleut. La pochette est devant moi, et Joey DeFrancesco y est encore vivant, comme le sont les musiciens lorsqu’on les regarde sur une photographie prise avant que le temps ne vienne refermer le cadre. Il y a quelque chose d’injuste dans la disparition, mais il y a aussi quelque chose de magnifique dans le fait qu’un musicien puisse continuer à nous atteindre après son départ. Je préfère finalement penser à Joey non pas comme à un musicien disparu, mais comme à un musicien qui a laissé derrière lui suffisamment de musique pour que son absence ne soit jamais complète. Live at Keystone Korner est peut-être son dernier témoignage, mais il n’a rien d’un testament. C’est un disque qui respire, qui avance, qui cherche, qui groove, qui prend des risques. Un disque qui refuse de mourir parce qu’il est entièrement consacré à cette chose fragile et obstinée qu’est le présent. Joey DeFrancesco avait compris que l’on ne ressuscite pas une tradition en la répétant, mais en lui donnant une nouvelle voix. Il l’a fait avec l’orgue, puis avec la trompette, puis avec le saxophone, toujours avec cette même signature invisible qui était la sienne. Aujourd’hui, lorsque l’on remet ce disque, il ne reste plus qu’à écouter. Écouter le Hammond respirer, la guitare répondre, la batterie pousser le mouvement, la trompette ouvrir l’espace, le saxophone prolonger la phrase. Écouter et accepter cette étrange vérité: certains musiciens disparaissent, mais leur musique, elle, refuse obstinément de nous quitter. Dehors, la pluie continue de tomber. Et quelque part, dans le silence qui suit la dernière note, Joey joue encore.

Thierry De Clemensat
Member at Jazz Journalists Association
USA correspondent for Paris-Move and ABS magazine
Editor in chief – Bayou Blue Radio, Bayou Blue News

PARIS-MOVE, October 5th, 2026

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Website

Musicians :
Joey DeFrancesco: Organ (1, 2, 5-8), Trumpet (3), Saxophone (4)
Lucas Brown: Guitar (1, 2, 5-8), Organ (3, 4)
Anwar Marshall: Drums (All)

Track Listing :
Awake and Blissed [Live]
Vibrations in Blue [Live]
Free [Live]
Lady G [Live]
In Times of Reflection [Live]
Inner Being [Live]
Roll With It [Live]
One More Blues [Live]

All songs by Joseph Frederick DeFrancesco • Joey DeFrancesco Music/ Modern Works Publishing (BMI)
Modern Works Music • Modernworkspublishing.com

Producer: Gloria DeFrancesco
Recorded at Keystone Korner in Baltimore, MD – August 12-14, 2022
Live Recording Engineer: Anthony Staiti
Mixed at Tempest Recording in Tempe, AZ
Mixing Engineer: Clarke Rigsby
Mastered at Vault Mastering in Chandler, AZ
Mastering Engineer: Nathan James