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Résumé : Shai Jaschek mêle mélodies lyriques, jazz moderne et complicité intime du trio, révélant un guitariste compositeur à la voix singulière.
Shai Jaschek: un guitariste de jazz à la recherche de sa voix à New York
Le jour s’est levé après une nuit de pluie, avec cette chaleur étouffante qui vous enveloppe dès les premières heures et donne à la matinée une drôle de lenteur. Direction le studio, avec quelques disques à écouter et cette curiosité particulière qui accompagne toujours la découverte d’un nouvel album. Je lance Portrait, de Shai Jaschek, sans attente particulière, sinon celle de voir où cette musique va m’emmener. Première impression: belle ambiance. Et pourtant, je dois l’avouer, je ne suis pas spontanément attiré par ce genre d’album. Il faut autre chose pour retenir mon attention, une note qui tombe juste, un rythme qui accroche l’oreille, une mélodie qui ne demande pas immédiatement à être admirée mais qui s’installe tranquillement et finit par ne plus vouloir vous quitter. C’est exactement ce qui se produit ici. Il y a chez Shai Jaschek un compositeur qui réveille en moi tous mes instincts d’auditeur à l’affût des bonnes notes et des jolis rythmes. Et lorsque, par-dessus le marché, les mélodies suivent, alors là, je m’installe et je profite du spectacle sonore. Portrait appartient à cette catégorie assez rare de disques qui semblent faciles d’accès dès la première écoute tout en révélant progressivement une richesse beaucoup plus importante qu’on ne l’imaginait. Je l’écoute, puis je le réécoute, et à chaque passage je découvre quelque chose : une inflexion de la guitare, une réponse de la contrebasse, un mouvement de batterie, un arrangement qui semblait discret et qui soudain prend toute son importance. Tout fonctionne, ou presque, avec cette évidence qui n’a rien de spectaculaire mais qui constitue souvent la véritable difficulté en musique. Les compositions sont prenantes, le jeu de Jaschek est précis et affirmé, les arrangements ne cherchent jamais à écraser les thèmes et surtout, l’alchimie entre les musiciens donne à l’ensemble une respiration permanente. On sent que les morceaux ont été pensés, travaillés, joués, puis suffisamment laissés en liberté pour qu’ils puissent encore évoluer une fois enregistrés. C’est là que Portrait devient intéressant : ce n’est pas seulement un disque de guitariste, c’est un disque de compositeur, et cette distinction change beaucoup de choses. Jaschek ne semble pas vouloir nous convaincre qu’il sait jouer de la guitare, même si son niveau technique ne laisse guère de doute. Il veut surtout montrer ce qu’il peut faire avec une mélodie, un rythme et trois musiciens capables de se comprendre sans avoir besoin de se marcher dessus. Son choix de construire l’album exclusivement autour de compositions originales est d’ailleurs parfaitement cohérent avec cette démarche. Il aurait pu s’appuyer sur des standards, sur des thèmes immédiatement identifiables, sur cette mémoire collective du jazz qui permet parfois de gagner du temps. Il choisit au contraire de prendre le risque de présenter sa propre musique. Et ce risque est précisément ce qui donne à Portrait son identité.
Souvent, le premier titre d’un album donne le ton de la suite. Ici, « Birmingham After Dark » vous prend par la main et vous indique immédiatement le chemin. Il y a quelque chose de nocturne dans ce morceau, quelque chose de citadin, presque cinématographique, comme si la musique se mettait à marcher dans une ville après la tombée du jour. Rien n’est forcé, rien n’est surligné. Jaschek installe son univers avec suffisamment de confiance pour laisser l’auditeur faire le reste. La guitare dessine les contours, la basse apporte cette profondeur qui permet au morceau de respirer et la batterie organise le mouvement sans jamais enfermer la musique. Puis les titres s’enchaînent comme autant de mondes à découvrir, avec cette impression que l’on traverse différents quartiers d’une même ville, différentes heures d’une même nuit, différents états d’esprit. C’est probablement ce qui me plaît le plus dans cet album : il possède une véritable atmosphère sans devenir un disque d’ambiance au sens réducteur du terme. La musique raconte quelque chose, mais elle ne nous dit jamais exactement quoi penser. Elle laisse des espaces. Et ces espaces comptent. Shai Jaschek est aujourd’hui installé à New York, après avoir construit son parcours entre Israël et les États-Unis, et cette trajectoire semble avoir nourri une musique qui ne cherche pas à choisir entre plusieurs influences mais à les faire dialoguer. New York est évidemment là, avec sa tradition immense, ses clubs, ses musiciens, son histoire qui pèse sur chaque guitariste venant y chercher sa place. Mais il ne s’agit pas ici d’un exercice de révérence envers une ville mythique. Jaschek semble plutôt avoir compris qu’à New York, la seule manière de survivre musicalement consiste à écouter énormément, jouer énormément, rencontrer les autres et, tôt ou tard, trouver sa propre voix. Avant même de s’installer dans la ville, il connaissait déjà le travail de Joe Martin et Kush Abadey, notamment à travers les disques de musiciens qu’il admirait. Il espérait pouvoir jouer avec eux un jour. Puis les rencontres ont fait leur travail, dans les clubs, au fil des concerts et de cette vie musicale new-yorkaise qui se construit moins dans les déclarations que dans les échanges entre musiciens. Lorsque les trois se retrouvent autour des compositions de Jaschek, quelque chose devient immédiatement évident : les morceaux ont besoin de ces deux partenaires pour prendre toute leur dimension.
Joe Martin et Kush Abadey ne sont donc pas ici pour accompagner un guitariste venu exposer sa technique. Ils font partie du projet dès le départ. Martin possède une expérience considérable du jazz moderne, avec des collaborations auprès de Mark Turner, Chris Potter, Kurt Rosenwinkel ou Gilad Hekselman, tandis qu’Abadey a travaillé notamment avec Wallace Roney, Melissa Aldana et Hekselman. Ils jouent ensemble depuis de nombreuses années et cette complicité s’entend. La basse et la batterie forment un véritable organisme rythmique autour de la guitare, capable de soutenir une idée mais aussi de la déplacer, de la contrarier légèrement, de lui ouvrir une autre porte. C’est précisément ce genre d’interaction que je recherche dans un trio. La musique doit pouvoir respirer entre les instruments. Le guitariste ne doit pas nécessairement être celui qui parle le plus. Parfois, la meilleure idée est celle que l’on laisse aux autres le soin de terminer. Jaschek semble l’avoir parfaitement compris. Son jeu est pourtant remarquable. Il maîtrise son instrument avec une précision qui pourrait facilement conduire à la démonstration. Mais ce n’est pas le chemin choisi. Il y a chez lui une véritable discipline de la mélodie. Il sait où elle commence, où elle peut aller, quand il faut la développer et surtout quand il faut s’arrêter. Cela peut paraître simple, mais c’est probablement l’une des choses les plus difficiles en musique. Jouer beaucoup est relativement facile lorsque l’on possède la technique ; savoir quoi jouer, et surtout quoi ne pas jouer, demande une autre forme de maturité. Portrait est rempli de ces petits choix qui font la différence. Une phrase courte plutôt qu’une longue envolée, un silence plutôt qu’une note supplémentaire, un changement de rythme au moment où l’on ne l’attend pas. Rien de spectaculaire pris isolément, mais l’ensemble finit par créer une vraie personnalité. C’est aussi ce qui explique pourquoi l’album peut toucher aussi bien l’amateur de jazz aguerri que celui qui n’en possède pas tous les codes. La musique ne demande pas un diplôme d’entrée. Elle propose simplement une porte ouverte.
Cette question de l’accessibilité est importante parce que Jaschek semble avoir réfléchi précisément à la manière dont le jazz peut communiquer avec un public qui n’est pas nécessairement familier de ses formes les plus complexes. Il considère que le jazz peut parfois donner l’impression d’être une musique réservée à ceux qui savent déjà comment l’écouter. Sa réponse consiste à privilégier des mélodies lyriques, mémorisables, capables de créer une relation immédiate avec l’auditeur. Je trouve cette démarche particulièrement intéressante parce qu’elle ne signifie jamais simplifier la musique pour la rendre plus commerciale. C’est tout le contraire. Il faut beaucoup plus de maîtrise pour écrire une mélodie qui paraît évidente que pour empiler des idées sophistiquées. Une bonne mélodie doit pouvoir survivre à son contexte. Elle doit rester reconnaissable lorsque l’on oublie l’arrangement, lorsque l’on ne pense plus à la virtuosité du guitariste ou à la qualité de l’enregistrement. Elle doit continuer à vivre quelque part dans la tête. Portrait possède plusieurs de ces moments. Et c’est probablement pour cette raison que je reviens au disque. Certaines phrases musicales restent là après l’écoute. Elles reviennent pendant que je fais autre chose. C’est le signe qui ne trompe pas. La musique a quitté les enceintes pour entrer dans la mémoire. Dans un paysage musical où l’on confond parfois complexité et profondeur, Jaschek rappelle qu’une œuvre peut être immédiatement accessible et néanmoins très travaillée. Il n’y a aucune contradiction entre les deux. La véritable difficulté consiste précisément à faire oublier le travail nécessaire à cette apparente simplicité.
Une succession de bonnes idées, donc, jusque dans le choix des musiciens, mais aussi dans la manière d’envisager le son. Je suis toujours frappé par la différence entre certains albums où les effets électriques semblent arriver avant les idées musicales et ceux qui prennent le temps de laisser les instruments parler. Portrait appartient clairement à la seconde catégorie. La forme acoustique du trio est parfaitement maîtrisée et, à mes oreilles, elle fonctionne mieux que beaucoup de productions où l’électricité finit par devenir une fin en soi. Ici, le son reste au service de la composition. La guitare n’a pas besoin d’être noyée sous les effets pour acquérir une personnalité. Elle peut simplement sonner. Et lorsque trois musiciens possèdent suffisamment de métier pour faire vivre un morceau sans ajouter artificiellement des couches de son, le résultat peut être étonnamment riche. Jaschek aime manifestement jouer avec les sons et les rythmes, mais il ne confond jamais jeu sonore et accumulation sonore. Cette différence m’impressionne beaucoup plus que pas mal d’autres choses. Il y a quelque chose de profondément satisfaisant dans cette manière de prendre le temps d’installer un thème, de le laisser se développer, puis de permettre aux musiciens de le regarder sous un autre angle. Par moments, l’ambiance post-bop évoque certains albums des années 1950 et 1960, mais sans donner l’impression d’une imitation. Les références sont là, évidemment, et il serait absurde de prétendre le contraire. Mais elles servent de langage plutôt que de décor. Jaschek ne semble pas vouloir refaire le jazz d’une autre époque. Il cherche à comprendre ce que cette tradition peut encore produire aujourd’hui. Et c’est là que le disque devient plus intéressant qu’une simple démonstration de bon goût. Il ne s’agit pas seulement de savoir d’où vient cette musique, mais de savoir ce que l’on peut encore en faire.
«May Flowers» est certainement le titre qui m’a le plus marqué par sa dimension poétique. Il sonne presque comme le générique d’une émission de jazz qui débuterait au cœur de la nuit, lorsque la ville s’est calmée et que quelques lumières restent encore allumées derrière les fenêtres. Il y a quelque chose de doux dans ce morceau, mais jamais de mièvre. La mélodie semble flotter avant de retrouver progressivement son chemin, et la guitare y possède cette qualité presque vocale qui permet de suivre chaque phrase. C’est exactement le genre de morceau que j’aime écouter plusieurs fois parce qu’il ne donne pas tout dès la première minute. Il laisse des traces. «May Flowers» résume à sa manière l’une des forces de Portrait : la capacité à créer des images sans les imposer. On peut entendre une ville, une saison, une rue, un souvenir ou simplement une belle ligne mélodique. Peu importe finalement. La musique fonctionne parce qu’elle suggère. Et lorsque l’on passe ensuite à des morceaux plus rythmés, le contraste renforce encore cette impression de voyage. «Stomping with Pitzi» apporte par exemple une énergie beaucoup plus légère, presque malicieuse. Le morceau est né d’une demande de l’épouse de Jaschek et rend hommage, avec humour, à l’univers de «Stompin’ at the Savoy». Ce détail me plaît parce qu’il rappelle que derrière la sophistication du jazz, derrière les références et la technique, il y a toujours des histoires simples. Un musicien compose aussi pour les gens qu’il aime, pour les situations qu’il rencontre, pour les souvenirs qui lui appartiennent. Cette dimension personnelle empêche Portrait de devenir un exercice académique. On sent que les morceaux ont une histoire avant même d’arriver sur le disque. Et cela change la manière de les écouter.
D’autres compositions donnent au disque une gravité différente. «How Much Longer» et «Hymn for Peace» ouvrent notamment une porte vers quelque chose de plus sombre, avec des questions qui dépassent largement le cadre musical. Jaschek y aborde la violence, le désespoir et l’idée d’une paix qui ne soit pas simplement une formule. Il serait pourtant trop facile de transformer ces morceaux en déclarations politiques et de réduire le disque à ce qu’ils racontent. Ce serait passer à côté de leur véritable intérêt. La musique n’explique pas, elle fait ressentir. Elle ne résout rien, mais elle peut donner une forme à une inquiétude, à une attente ou à un désir de paix. Et c’est probablement la meilleure manière de faire entrer le monde extérieur dans un album de jazz : ne pas l’illustrer, mais lui permettre de résonner. Cette dimension ajoute quelque chose au portrait du musicien. Derrière le guitariste attentif aux rythmes et aux mélodies, il y a un compositeur qui regarde aussi ce qui se passe autour de lui. Pourtant, même lorsque le propos devient plus grave, Jaschek ne perd jamais le sens de la musique. Les thèmes restent construits, les échanges du trio demeurent essentiels et l’album ne bascule jamais dans le discours. C’est précisément cette retenue qui me paraît juste. Il y a suffisamment de bruit dans le monde pour que la musique n’ait pas besoin d’en ajouter. Elle peut parfois faire autre chose: créer un espace où l’on peut simplement écouter, réfléchir et respirer.
Ce qui me frappe également, au fil des écoutes, c’est cette volonté de ne jamais laisser la virtuosité prendre le dessus sur la composition. Shai Jaschek joue remarquablement bien, mais ce n’est jamais le sujet principal. Le sujet, c’est la musique. Cela paraît évident, et pourtant ce n’est pas si courant. Beaucoup de guitaristes possèdent aujourd’hui une technique impressionnante, mais cette technique ne produit pas automatiquement une personnalité. Il faut encore savoir raconter quelque chose. Jaschek semble avoir choisi cette voie. Il ne cherche pas à jouer plus vite que les autres, plus fort que les autres ou plus compliqué que les autres. Il cherche son propre équilibre. Et cet équilibre passe par la mélodie. C’est probablement là que je me retrouve le plus dans son travail. Comme auditeur, je peux apprécier un solo brillant, une prouesse harmonique ou une métrique compliquée, mais ce sont rarement ces éléments qui me donnent envie de remettre un disque. Ce qui me fait revenir, c’est une phrase musicale. Une ambiance. Un rythme. Une émotion difficile à définir mais suffisamment présente pour donner envie de recommencer. Portrait possède cette qualité. Il ne se donne pas entièrement à la première écoute, mais il ne demande pas non plus un effort particulier pour entrer dans son univers. Il suffit de se laisser faire. Ensuite, les détails arrivent.
Je pourrais évidemment continuer à parler des influences, des structures, des qualités techniques du trio et de la place particulière de la guitare dans cette musique. Mais au bout d’un moment, il faut bien revenir à l’essentiel: est-ce que j’ai envie de réécouter cet album? La réponse est oui. Et c’est finalement la seule réponse qui compte vraiment lorsque je suis devant un disque. Le reste peut être analysé, comparé, discuté, démonté morceau par morceau, mais si la musique ne donne pas envie de revenir, quelque chose manque. Portrait, lui, donne envie de revenir. Il possède cette qualité des albums qui accompagnent plutôt qu’ils ne s’imposent. On peut l’écouter attentivement, en essayant de comprendre chaque interaction, ou simplement le laisser tourner pendant que la journée avance. Dans les deux cas, il fonctionne. Et cette double lecture est précieuse. Le spécialiste peut entendre la construction, les références et les choix d’écriture ; l’auditeur moins familier peut simplement profiter des mélodies et du son du trio. Personne n’est exclu. C’est probablement ce que Jaschek cherche lorsqu’il parle d’un jazz capable de toucher ceux qui ne connaissent pas déjà ses codes. Il ne renonce pas à la complexité. Il la rend simplement moins intimidante.
Alors je repense à cette matinée après la pluie, à la chaleur qui commençait déjà à s’installer, au studio et à cette première écoute lancée presque machinalement. « Belle ambiance », avais-je pensé. Quelques écoutes plus tard, la formule paraît évidemment trop courte. Portrait est un album plus riche que cette première impression. Il y a la guitare, bien sûr, mais surtout une véritable écriture, un sens très sûr de la mélodie, un travail sur les rythmes et une confiance remarquable dans la force du trio. Il y a aussi New York, présente en filigrane, cette ville où tant de musiciens viennent chercher leur voix et où il faut apprendre à écouter avant de prétendre être entendu. Il y a enfin cette volonté de Jaschek de faire du jazz une musique qui puisse être accueillante sans renoncer à son histoire ni à son exigence. Pour moi, c’est probablement ce qui rend Portrait particulièrement attachant. Le disque ne cherche pas à révolutionner le jazz. Il cherche quelque chose de plus difficile : à lui donner une nouvelle vie à travers des compositions personnelles, des musiciens qui se connaissent et une attention permanente portée au son. Et puis il y a cette pointe de nostalgie, cette envie presque souriante de conquérir les clubs de jazz avec ses propres morceaux, sans arrogance, simplement avec l’envie de jouer. C’est une belle ambition. Après tout, le jazz a toujours avancé de cette manière, par des musiciens qui connaissent ce qui les précède mais qui veulent tout de même ajouter quelques lignes à l’histoire. Shai Jaschek vient ici d’ajouter les siennes. Et lorsque «May Flowers» revient en mémoire après que le disque est terminé, lorsque certaines phrases de «Birmingham After Dark» continuent de tourner dans la tête, je me dis que Portrait a finalement réussi ce que les bons albums réussissent toujours: il ne s’est pas contenté de passer dans les oreilles, il a laissé une trace. Le reste appartient au temps, aux prochaines écoutes, aux prochains concerts et à cette étrange capacité qu’a le jazz de continuer à inventer son présent en parlant encore avec son passé.
Thierry De Clemensat
Member at Jazz Journalists Association
USA correspondent for Paris-Move and ABS magazine
Editor in chief – Bayou Blue Radio, Bayou Blue News
PARIS-MOVE, September 24th, 2026
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To Buy this album (October 9, 2026)
Musicians :
Shai Jaschek, guitar
Joe Martin, bass
Kush Abadey, drums
Track Listing :
Birmingham After Dark
When the Sun Came Out
June 27th
How Much Longer
Two Chords Song
May Flowers
Stomping with Pitzi
Hymn for Peace
Poem
