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Né à Yaoundé au Cameroun, Alimé Bébégué n’est pas exactement issu d’une famille de musiciens, et ses premiers émois lui vinrent de ce que son papa écoutait: les sons afro-cubains. Via ce que diffusaient aussi dans sa jeunesse la radio et les disquaires des ruelles, il découvrit ensuite Louis Armstrong, Wes Montgomery et John Coltrane, et quitta en 1999 son pays pour la France. Successivement inscrit aux conservatoires des 18ème et 6ème arrondissements de Paris (auprès de Jean-Michel Huard), puis à celui d’Epinay-sur-Seine, il intégra ensuite le CRD (Conservatoire à Rayonnement Départemental) de Bobigny avec Stéphane Audard, et obtint son CEM (Certificat d’Etudes Musicales), puis son DEM (Diplôme d’Etudes Musicales), avant de conclure deux ans plus tard au pôle supérieur de Lille, où il passa son DNSPM et son Diplôme d’Etat de professeur de Musique. Il accompagna dès lors divers artistes, participant notamment au Festival Banlieues Bleues (avec le saxophoniste anglais Denys Baptiste et le guitariste chanteur Corey Harris), ainsi qu’au projet Formidable Exil (Musique, danse, théâtre). À la fois guitariste, chanteur, compositeur, percussionniste et arrangeur, il publia son premier album (“Sita”) fin 2018 chez Inouie Distribution. Autant influencé par le jazz que par les musiques africaines et latines, ce projet témoignait déjà d’une remarquable diversité culturelle. Pour interpréter ce jazz métissé, il était alors accompagné de Nicole Adjabé à la voix, Aurélie Carrilho au vibraphone, Marc Bollengier à la contrebasse et Michael Tissier aux percussions. Deux ans plus tard, il publiait avec la même équipe “Baanà”, auquel contribuait également le percussionniste Yves Prud’homme, puis en 2022 “Yayato” (comptines et jeux du Cameroun), avec Jessica Ramos au chant et Jean-Émile Bayenda aux percussions. Pour ce nouvel album, on retrouve à ses côtés la fidèle Aurélie Carrilho, ainsi que le violoniste Charles Rappoport et le batteur-percussionniste William Monkama Ombé, tandis que les textes y sont de la plume de Cécile Idmtal. La plage titulaire qui ouvre la playlist est une joyeuse contre-danse où le violon de Charles le dispute aux percussions alertes de William, tandis que la guitare d’Alimé emprunte des accents jazzy mêlés de références mandingues. Premier titre chanté, “Inda” persiste dans ces patterns rythmiques ouest-africains, sur lesquels virevoltent les six cordes électrifiées. Rumba guinéenne en diable, “Baanà Bamé” ondule et se trémousse pour sa part au gré du vibraphone enlevé d’une Aurélie en veine afro-cubana, précédant le non moins enjoué instrumental “Édéa”, qui met à nouveau en valeur le jeu de guitare du leader, auquel répondent sur un beat de biguine les lamelles métalliques de Miss Carrilho. Plus posé et déclamatoire, le slam “Rencontres” rappelle les hymnes fédérateurs des historiques Touré Kunda et Alpha Blondy, tandis que l’archet de Charles y tire son épingle du jeu, et que ses complices y entonnent le refrain en chœur. L’enivrant “Polka” n’en est par contre pas une, mais plutôt un jubilatoire instrumental sur high life beat, où se jaugent comme il se doit guitare et percussions. Le mélancolique “Ayewa” (sous-titré “je n’ai pas pu te sauver”) est un autre instrumental, dont la guitare assure cette fois seule la mélodie, et le violon le chorus. Chanté en dialecte vernaculaire, “Gunu” précède l’instrumental “Yassou”, qui conclut ce disque sur un mode presque cap-verdien. S’il en était encore besoin, Alimé Bébégué confirme une fois de plus tout ce que la rencontre des cultures porte d’enrichissement réciproque.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, September 12th, 2026
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En concert le vendredi 9 octobre 2026 au Sunset/Sunside (Paris), dans le cadre du festival Jazz Sur Seine.