RITA BLISS – One More Winter

Autoproduction
Bluegrass, Country, Folk
RITA BLISS - One More Winter

Native de la Rust Belt, la chanteuse, banjoïste et songwriter Rita Bliss nous revient avec son second album studio (après “Peaches And Apple Pies” en 2024, et le E.P. “Live From London” de juin dernier). Entre temps, elle avait débuté l’année en publiant le single “You Can Go” (absent ici). C’est sans surprise avec la même équipe de musiciens que sur son premier essai qu’elle est entrée au studio Signal Hill Recording d’Austin Texas (où elle réside désormais): Dom Fisher (guitare, basse et co-production), Billy Bright (mandoline), Noah Jeffries (fiddle), Jimmie Scott Calhoun (chœurs) et Patrick Herzfeld (batterie délicate sur le seul “Silver City” conclusif). Résolument ancrée dans la bluegrass connection, la musique de Rita n’en préserve pas moins aussi une certaine intemporalité, comme en atteste le “Come Along” d’ouverture, entre hootenanny appalachien et chansons de rodéo. Outre les harmonies vocales typiques de Scott Calhoun (en call & response) et le jeu de banjo alerte de Rita, le violon de Noah Jeffries joue un rôle essentiel dans ses orchestrations boisées, et les lyrics, à la fois empreints de tradition et de modernité, savent en outre témoigner de préoccupations aussi actuelles que l’écologie au quotidien ou la sensibilité queer. Le dernier single en date de Rita, “All My Days” énonce ainsi, sur un mode enjoué “you came along in your green t-shirt and now we’re out here planing in a little garden digging up the dirt, give me that love and a little bit of hot sauce, show me some grace when I leave the coffee on way too long…”. Quelques autres pépites attestent du talent singulier de Rita en matière de songwriting, ainsi du touchant “Aimlessly”, qui n’aurait pas déparé dans les répertoires des regrettés John Prine et Gram Parsons, ou des autobiographiques “Honey” et “Sometimes She Sings”, quant à lui parmi ceux des jeunes Joni Mitchell et Bob Dylan (dont Rita semble avoir emprunté l’harmonica). Avec le renfort des six cordes de Fisher, le malicieux “Some Say” énumère maints adages et lieux communs pour en dénoncer la prétendue évidence, et y instiller in fine sa propre morale (“some say there’s a heaven if you act real good, I say it isn’t so, but you still should“). Les narratifs “The Highway” et “Empty Houses” traitent respectivement des aléas et pérégrinations des relations humaines, et des souvenirs de Bliss concernant la période où elle vécut dans l’état de New-York, pendant que “Red” s’avère une allégorie des discriminations qu’infligent parfois les braves citoyens à ceux qui leur sont différents. “Silver City” cite certains de ces villes et États qui fondent le substrat de l’authentique country-folk music depuis ses origines. Chanteuse aussi convaincante qu’expressive, songwriter et instrumentiste remarquables, Rita Bliss occupe une place de choix parmi les nouveaux talents émergents de l’americana, là où siégèrent avant elle Alison Krauss, Gretchen Peters et Alela Diane: une artiste sincère et singulière, à suivre de près.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, September 11th, 2026

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