MONTY ALEXANDER – A Jamarican In Paris

PeeWee! / Socadisc
Jazz
MONTY ALEXANDER - A Jamarican In Paris

Alors qu’il vient de souffler ses 82 bougies, l’infatigable Monty Alexander nous rappelle, avec son 70ème album et quelque en presque autant de millésimes, quel impressionnant créateur et interprète il demeure. Jamaïcain de cœur autant que de naissance, c’est avec un emprunt à Winston Rodney (alias Burning Spear) qu’il introduit le fruit de ces trois jours de sessions ininterrompues, dans le cadre privilégié du Studio Sextan de Malakoff. Accompagné des excellents Luke Sellick (contrebasse) et Jason Brown (drumsticks, cymbals & pedals), membres réguliers de son trio actuel (augmentés pour la circonstance du percussioniste Bobby Thomas Jr., fidèle complice de toujours), il revisite avec une gourmandise joyeuse quelques pages de son impressionnant songbook, selon un rituel dont il est coutumier. Resserrés en une proximité similaire aux conditions d’une performance en club, les protagonistes s’y livrent essentiellement live, se laissant guider par le flux mélodique jaillissant et l’inspiration constante de leur leader. L’hymne “Marcus Garvey” introductif cite ainsi, au fil de son skanking assumé, les thêmes du “Summertime” de Gershwin, du “She’s Not There” des Zombies et du “So What” de Miles Davis (ce dernier partageait notamment avec Monty le goût des spectacles de boxe) ainsi que, juste avant la coda, celui de “La Marseillaise” (!), tandis que “Look Up” passe sans coup férir du reggae à la bossa puis au swing, par la grâce d’une section rythmique constamment à l’affût. Des plages languidement romantiques telles que “Hope” et “You Make Me Feel Brand New” émaillent la set list, lui prodiguant une respiration bienvenue, tandis qu’une exotica poppy tune comme le réjouissant “Skamento” rappelle à point nommé que Monty fit jadis ses classes au sein d’orchestres de danse caraïbéens (Monty and the Cyclones !). Ce qui ne l’empêche nullement de rappeler ce qu’il doit à des Maîtres comme Oscar Peterson, Ahmad Jamal et Erroll Garner sur son propre “Just Wait”, de même que sur le “Come Fly With Me” de Jimmy Van Heusen. Qu’il transpose des extraits du “Concerto de Aranjuez” de Joaquin Rodrigo, ou qu’il adapte magistralement le pourtant éculé “What’s Going On” de feu Marvin Gaye (voire le “Yellow Bird” de Michel Mauleart Monton et Oswald Durand), notre homme persiste à allier la virtuosité du vétéran blanchi sous le harnais à la facétie toujours en éveil d’un éternel garnement. Tout autant capable de jouer le blues à la manière paresseusement groovy de Ben Sidran et Mose Allison (“Mystical Blues”) que d’y glisser en sous-main le “Natural Mystic” de Bob Marley, Monty Alexander demeure ce prestidigitateur dont les tours, s’ils ravissent encore de nouveaux auditoires, continuent de l’épater lui-même aussi.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, September 4th, 2026

Follow PARIS-MOVE on X

::::::::::::::::::::::::::

En concert au NEW MORNING de PARIS le mardi 06/10/2026, avec Stéphane Édouard en renfort percussif de Lorin Cohen (contrebasse) et Jason Brown (drums).
2 sessions :
– 19h30 (Ouverture des portes : 18h30)
– 22h00 (Ouverture des portes : 21h30)