Various Artists – The Gallery Concerts IV: Sommerfest – Live (FR review)

ACT Music Group – Street date : September 25, 2026
Jazz
Various Artists - The Gallery Concerts IV: Sommerfest (Live)

À Berlin, ACT dessine un autre visage du jazz européen

À Berlin, certains lieux semblent avoir été conçus pour accueillir la musique, d’autres pour la contempler, et quelques-uns seulement pour permettre aux différentes formes d’art de se rencontrer. La galerie ACT appartient à cette dernière catégorie. Ici, le jazz ne vient pas simplement occuper un espace consacré à l’art contemporain. Il entre en conversation avec les œuvres, avec l’architecture du lieu, avec l’histoire d’un piano exceptionnel et, surtout, avec un public invité à écouter autrement. «The ART in MUSIC», la formule qui accompagne ACT, pourrait n’être qu’un slogan de plus dans l’univers culturel contemporain. À Berlin, elle prend pourtant une dimension beaucoup plus concrète.

Derrière cette conception se trouve Siggi Loch, fondateur d’ACT et l’une des personnalités qui ont profondément contribué à façonner le jazz européen contemporain. Depuis des décennies, son travail repose sur une idée simple mais exigeante: la musique ne gagne rien à être enfermée dans des catégories trop étroites. Le jazz peut dialoguer avec la musique classique, les traditions populaires, les musiques du monde, la chanson, l’électronique ou la composition contemporaine. Il peut aussi rencontrer la photographie, la peinture et les autres formes de création visuelle. Cette liberté n’est pas un principe théorique chez ACT. Elle est devenue une manière de construire un catalogue, de choisir des artistes et d’imaginer des rencontres.

La galerie berlinoise donne une réalité physique à cette philosophie. Le spectateur ne se trouve pas dans une salle de concert traditionnelle, séparé du reste du monde par une scène, des fauteuils et une certaine distance entre l’artiste et le public. Il se trouve dans un espace consacré à l’art, où la musique vient prendre place parmi les œuvres. Cette proximité change naturellement la perception du concert. Le regard accompagne l’écoute. L’environnement visuel influence l’attention. La musique semble moins isolée, plus directement reliée à l’ensemble de l’expérience artistique.

Au centre de cet espace se trouve un Steinway D de concert dont l’histoire mérite à elle seule que l’on s’y attarde. C’est l’instrument qu’Alfred Brendel avait choisi pour ses concerts à la Philharmonie de Berlin. Le piano porte donc avec lui une part importante de la tradition classique européenne. Pourtant, il est aujourd’hui installé dans un contexte où l’improvisation et le jazz contemporain occupent une place centrale. Cette coexistence est loin d’être artificielle. Elle rappelle au contraire que les frontières entre musique classique et jazz ont toujours été plus poreuses que ne le laissent penser les classifications habituelles. Un même piano peut ainsi passer d’un univers à l’autre sans perdre son identité. Ce qui change, c’est le regard du musicien, son rapport au temps, au silence, à l’harmonie et à l’improvisation. Là où la tradition classique a longtemps insisté sur l’interprétation d’une œuvre écrite, le jazz introduit une autre relation à l’instant. L’un n’annule pas l’autre. Ils peuvent se répondre, parfois même sur le même instrument. La présence de ce Steinway dans la galerie ACT devient alors presque une métaphore de l’ensemble du projet.

Il y a d’ailleurs quelque chose de profondément berlinois dans cette manière de faire cohabiter les disciplines. Berlin est depuis longtemps une ville où les frontières artistiques sont moins rigides qu’ailleurs. La musique contemporaine y rencontre les arts visuels, le théâtre, la danse, le cinéma et les cultures populaires. Les artistes y passent volontiers d’un univers à l’autre, parfois sans se soucier des catégories institutionnelles. La galerie ACT s’inscrit naturellement dans cette tradition d’ouverture. Le jazz contemporain lui même a considérablement évolué. Les musiciens les plus intéressants de leur génération ne se demandent plus toujours à quel genre ils appartiennent. Ils cherchent plutôt à comprendre ce que leur langage peut devenir lorsqu’il rencontre celui d’un autre artiste. Un pianiste peut puiser dans Schubert ou Debussy avant de revenir à l’improvisation. Un contrebassiste peut intégrer des éléments de musique traditionnelle nordique. Un chanteur peut passer d’une chanson presque dépouillée à une exploration sonore beaucoup plus libre. Un saxophoniste peut travailler avec un orchestre classique tout en conservant une identité profondément jazz.

C’est dans cet esprit que la célébration organisée le 30 août 2025 prend toute son importance. L’événement marquait le 85e anniversaire de Siggi Loch, mais il ne s’agissait pas simplement de rendre hommage à un homme en regardant son passé. Plus de vingt artistes associés à ACT, représentant plusieurs générations de musiciens, furent réunis pour une journée où les formations pouvaient évoluer et se recomposer. Andreas Brandis choisit ainsi de transformer l’anniversaire en véritable rencontre musicale. Ce choix est particulièrement significatif. Un anniversaire de cette nature aurait pu facilement devenir une cérémonie nostalgique, consacrée aux succès d’une carrière et aux souvenirs d’une époque révolue. Il s’est produit quelque chose de beaucoup plus intéressant. Les musiciens établis ont partagé l’espace avec une génération plus jeune, non pas dans une logique de transmission académique, mais dans celle d’une conversation artistique. Les générations ne sont pas présentées comme des chapitres successifs. Elles se retrouvent au même endroit, au même moment, avec la possibilité de s’influencer mutuellement.

C’est probablement l’une des grandes forces d’ACT. Le label n’a jamais donné l’impression de vouloir fabriquer une esthétique uniforme. Son identité repose plutôt sur la diversité des personnalités qu’il rassemble. Jakob Manz, Emma Rawicz, Andreas Schaerer, David Helbock, Nils Landgren, Johanna Summer, Lars Danielsson et tant d’autres représentent des univers très différents. Pourtant, ils peuvent appartenir au même paysage musical sans que leurs singularités soient sacrifiées. Cette diversité explique pourquoi l’enregistrement issu de cette célébration ne se laisse pas facilement enfermer dans une catégorie. Il y a du jazz contemporain, bien sûr, mais aussi des influences classiques, des références aux musiques du monde et une forte présence de l’improvisation. Les instruments changent, les textures évoluent, les rythmes se transforment. Le disque donne parfois l’impression de traverser plusieurs paysages musicaux au cours d’une même journée.

Il serait pourtant inutile de chercher à tout prix à lui attribuer une étiquette. C’est précisément l’une des tentations auxquelles ce projet échappe. Les genres sont pratiques pour classer les disques, organiser les rayons d’une bibliothèque ou orienter les recommandations d’une plateforme numérique. Ils deviennent beaucoup moins pertinents lorsqu’il s’agit de décrire ce que les musiciens sont réellement en train de faire.

Une dimension géographique apparaît également dans cette aventure. De nombreux artistes associés à ACT sont issus d’Europe du Nord ou entretiennent des liens étroits avec cette scène. Il ne faudrait évidemment pas considérer cette communauté comme une représentation complète du jazz européen. Le continent est trop vaste, ses traditions trop diverses et ses scènes trop nombreuses pour être résumés par une seule maison de disques. Cette forte présence nord européenne donne cependant à l’ensemble une couleur particulière. On y retrouve une culture musicale dans laquelle les traditions scandinaves, la composition contemporaine, le jazz, la musique classique, la chanson et l’improvisation se sont nourris les uns des autres pendant plusieurs décennies. Cette histoire explique en partie cette manière très naturelle de passer d’un univers à l’autre. Le résultat est profondément européen, mais il ne cherche jamais à enfermer l’Europe dans une identité musicale unique.

Il faut également parler de la qualité de l’enregistrement, car elle mérite une attention particulière. Un projet réunissant autant de musiciens ne peut fonctionner pleinement que si la prise de son respecte les différences entre les instruments. La dynamique doit rester vivante. Les timbres doivent conserver leur personnalité. Les espaces entre les musiciens doivent rester perceptibles. La production ne doit pas transformer la richesse du concert en une masse sonore compacte. Pour l’auditeur attentif, cette qualité devient particulièrement intéressante. Sur un système modeste, la musique restera parfaitement agréable. Sur une installation haute fidélité réellement transparente, certaines nuances peuvent toutefois apparaître avec une évidence nouvelle. L’attaque d’une note de piano, la résonance d’une cymbale, le déplacement d’un musicien dans l’espace sonore ou une infime variation dynamique prennent alors une autre importance.

Il ne s’agit pas ici de transformer l’écoute en démonstration technologique. La haute fidélité n’a de valeur que lorsqu’elle sert la musique. Une bonne chaîne n’est pas celle qui produit le plus de détails de manière spectaculaire. C’est celle qui permet de mieux comprendre ce que les musiciens font ensemble. Elle doit rendre perceptibles les respirations, les silences, les tensions et les relâchements qui donnent leur vie aux interprétations. C’est justement ce qui rend cet enregistrement intéressant pour les audiophiles. Il offre suffisamment de variété instrumentale pour permettre de juger la capacité d’un système à restituer des textures différentes sans les uniformiser. Le piano possède une matière particulière. La contrebasse doit conserver son poids sans devenir envahissante. Les cymbales doivent rester aérées. Les voix doivent conserver leur présence humaine. Lorsque la prise de son est réussie, ces éléments ne semblent pas simplement reproduits par des haut parleurs. Ils donnent l’impression d’occuper un espace.

Johanna Summer intervient sur les trois premiers titres et apporte au piano une personnalité immédiatement reconnaissable. Son approche possède cette qualité rare qui consiste à maintenir une grande précision tout en laissant suffisamment de place à l’imprévu. Lars Danielsson apparaît sur les deux derniers morceaux avec une profondeur différente. La présence de Cæcilie Norby est également particulièrement appréciable. La chanteuse s’est faite plus rare ces dernières années, et son apparition possède donc une valeur particulière pour ceux qui suivent depuis longtemps la scène européenne.

Le choix du répertoire révèle lui aussi la nature particulière de cette communauté. Chris Jennings, excellent contrebassiste, n’est pas présent lors de cette rencontre, mais l’une de ses compositions, «Casbah Radio», y figure. Le détail est révélateur. Une communauté artistique ne se limite jamais aux personnes physiquement présentes dans une salle. Elle existe aussi à travers les compositions, les collaborations, les influences et les liens qui continuent de circuler entre les musiciens.

La période estivale rend d’ailleurs la réunion de tous les artistes presque impossibles. Les musiciens européens sont alors engagés dans une succession de festivals, de concerts et de déplacements entre les différentes capitales culturelles du continent. Il aurait été illusoire de vouloir réunir absolument tout le monde à une date précise. L’intérêt du projet se situe donc ailleurs, dans cette capacité à faire apparaître une communauté même lorsqu’elle n’est jamais réunie dans son intégralité. C’est également ce qui donne à l’enregistrement son caractère vivant. Il ne ressemble pas à un projet de studio soigneusement calibré où chaque détail aurait été prévu à l’avance. On sent davantage la présence d’un moment particulier, avec des artistes venus de plusieurs endroits, portant chacun leur histoire musicale et leurs habitudes. Lorsqu’ils se retrouvent ensemble, ils doivent écouter les autres, réagir, s’adapter et parfois abandonner une partie de leurs certitudes.

Cette dimension humaine est essentielle au jazz. L’improvisation n’est pas seulement une technique musicale. Elle suppose une confiance entre les interprètes. Elle exige de savoir écouter ce qui se passe à côté de soi. Elle impose parfois d’accepter qu’une idée intéressante apparaisse chez un autre musicien et de lui laisser de l’espace. Dans un tel contexte, la musique devient une conversation qui ne peut jamais être entièrement prévue. La petite taille de la galerie renforce encore cette sensation. Les musiciens ne sont pas séparés du public par la distance que l’on trouve dans les grandes salles. Les regards circulent. Les gestes deviennent visibles. Les réactions du public peuvent être ressenties immédiatement. La musique acquiert une dimension presque physique.

C’est ici que le projet ACT dépasse le simple cadre du disque. Il pose une question beaucoup plus large sur les lieux où nous voulons écouter de la musique. Pourquoi les galeries ne pourraient-elles pas accueillir davantage de concerts? Pourquoi les musées ne pourraient-ils pas devenir des espaces réguliers de création musicale? Pourquoi les salles de concert ne travailleraient elles pas davantage avec les artistes visuels?

Il existe pourtant des possibilités considérables. Une exposition pourrait être accompagnée par une création musicale originale. Un musicien pourrait être invité à répondre à une œuvre visuelle. Une galerie pourrait accueillir une résidence réunissant plusieurs générations d’artistes. Un label pourrait documenter ces rencontres et leur donner une seconde vie sous la forme d’enregistrements. Le public bénéficierait alors d’une expérience qui ne serait ni tout à fait un concert, ni tout à fait une exposition, mais quelque chose de plus difficile à catégoriser et, précisément pour cette raison, potentiellement plus riche.

Les labels discographiques pourraient également retrouver une fonction culturelle plus ambitieuse. À l’heure où la musique est devenue immédiatement accessible, leur rôle ne devrait pas nécessairement se limiter à publier des albums. Ils peuvent encore créer des contextes, provoquer des rencontres et donner aux artistes le temps de développer des projets qui ne seraient pas forcément rentables ou évidents dans un environnement dominé par les algorithmes. Cette question devient d’autant plus importante que les plateformes de streaming ont profondément transformé notre manière d’écouter. Elles connaissent nos habitudes avec une précision remarquable et sont capables de nous proposer des milliers de morceaux correspondant à nos goûts. Mais cette efficacité comporte un risque. À force de nous offrir ce que nous aimons déjà, elles peuvent réduire la possibilité de rencontrer ce que nous ne connaissons pas encore.

Un projet comme celui d’ACT prend alors une dimension presque pédagogique, sans jamais devenir didactique. Celui qui vient pour Nils Landgren peut découvrir Emma Rawicz. Celui qui connaît Johanna Summer peut être intrigué par Andreas Schaerer. Celui qui pense écouter un disque de jazz peut se retrouver à écouter plus attentivement une influence classique ou une tradition musicale venue du Nord de l’Europe. C’est peut-être là que réside la fonction la plus précieuse d’une institution culturelle. Elle ne doit pas seulement confirmer les goûts du public. Elle doit lui donner envie d’aller ailleurs. Elle doit créer les conditions de la surprise. Elle doit rappeler qu’une œuvre peut nous intéresser précisément parce qu’elle ne correspond pas parfaitement à ce que nous pensions vouloir écouter.

Le Steinway d’Alfred Brendel constitue, à cet égard, une image presque parfaite du projet. L’instrument appartient à une histoire prestigieuse de la musique classique européenne. Il se retrouve dans une galerie consacrée à l’art contemporain et devient le support de musiques improvisées, de rencontres et de dialogues entre générations. Rien n’est effacé. Le passé demeure présent, mais il n’est pas transformé en monument immobile. Il continue à produire de nouvelles expériences.

Cette manière de faire vivre le passé plutôt que de le conserver sous verre est peut-être l’un des plus beaux hommages que l’on puisse rendre à Siggi Loch. À 85 ans, son anniversaire aurait pu être l’occasion de regarder en arrière et de mesurer le chemin parcouru. Il devient au contraire un moment où plusieurs générations se retrouvent pour regarder devant elles. C’est cette orientation vers l’avenir qui donne à la célébration sa véritable force. Les jeunes artistes ne sont pas présentés comme les héritiers dociles d’une tradition. Les musiciens plus âgés ne sont pas réduits au rôle de témoins d’une époque disparue. Tous participent au même mouvement. Ils sont les acteurs d’une histoire qui continue de s’écrire.

Le dernier titre, «Wholly Earth», donne à cette histoire une conclusion particulièrement expressive. L’énergie qui s’en dégage possède quelque chose de collectif et de profondément joyeux. Après les différents croisements, les changements de formations et les multiples langages entendus au fil de l’enregistrement, la musique semble trouver un espace où les différences peuvent enfin cohabiter sans avoir besoin d’être expliquées.

La réussite de cette conclusion tient précisément à son naturel. Elle ne donne pas l’impression d’avoir été fabriquée pour produire artificiellement un grand moment final. Elle semble naître de tout ce qui l’a précédée. Les musiciens ont joué, se sont écoutés, se sont répondus. Le public a suivi. Et quelque chose s’est construit entre eux. C’est finalement cette dimension humaine qui reste après l’écoute. Plus que le prestige des noms, plus que la qualité de l’enregistrement et plus que la beauté du lieu, on retient l’idée d’une communauté musicale capable de se réunir sans chercher à effacer les différences qui la composent.

Il serait donc réducteur de présenter cet album comme le simple souvenir du 85e anniversaire de Siggi Loch. Il représente quelque chose de plus intéressant. Il donne à entendre une scène européenne toujours en mouvement et montre ce qu’un label peut accomplir lorsqu’il accepte d’être davantage qu’une entreprise de production discographique. ACT a construit au fil des années un espace dans lequel les artistes peuvent circuler, se rencontrer et évoluer. Son identité ne repose pas sur un son unique. Elle repose sur une attitude. La curiosité, l’ouverture, l’écoute et la volonté de prendre le risque de découvrir quelque chose de nouveau. Cette approche est particulièrement précieuse aujourd’hui. La musique est devenue plus accessible que jamais, mais l’accès ne garantit pas la découverte. Nous pouvons écouter presque tout, partout et immédiatement. Encore faut-il que quelqu’un nous donne envie de franchir la porte.

À Berlin, ACT joue précisément ce rôle. La galerie devient un lieu de concert. Le concert devient une rencontre entre générations. La rencontre devient un enregistrement. Et l’enregistrement devient le portrait d’une communauté artistique qui refuse de s’immobiliser. «The ART in MUSIC» prend alors tout son sens. Il ne s’agit pas simplement de placer de la musique dans une galerie d’art. Il s’agit de considérer la création comme un espace où les disciplines peuvent se rencontrer sans perdre leur identité. La peinture ne devient pas musique. Le jazz ne devient pas art contemporain. La tradition classique ne disparaît pas derrière l’improvisation. Chacun reste lui-même, mais chacun accepte de laisser une place à l’autre.

C’est certainement la véritable leçon de cette célébration berlinoise. Le jazz européen n’est pas une collection de styles figés. Il est un territoire en mouvement, traversé par des influences multiples et constamment enrichi par les rencontres. Sa vitalité vient précisément de cette capacité à ne jamais savoir exactement ce qui viendra ensuite. Pour l’auditeur, il faut donc prendre le temps. Écouter sans chercher immédiatement une étiquette. Laisser les morceaux se succéder. Observer les changements de formations, les dialogues entre les instruments et les différences de génération. Et, si possible, offrir à cette musique une reproduction suffisamment transparente pour en respecter les nuances. Mais surtout, il faut accepter de se laisser surprendre. Car c’est probablement là que réside la plus belle réussite d’ACT. Après plusieurs décennies de carrière, Siggi Loch ne célèbre pas seulement ce qui a été accompli. Il crée encore les conditions pour que quelque chose de nouveau puisse apparaître.

À Berlin, entre les œuvres d’une galerie, le souvenir d’Alfred Brendel, le parcours de Siggi Loch et les voix de plusieurs générations de musiciens, le jazz retrouve ainsi l’une de ses qualités essentielles: la liberté de ne pas savoir exactement où il va. Et c’est précisément pour cette raison qu’il demeure vivant.

Thierry De Clemensat
Member at Jazz Journalists Association
USA correspondent for Paris-Move and ABS magazine
Editor in chief – Bayou Blue Radio, Bayou Blue News

PARIS-MOVE, August 22nd, 2026

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To Buy this album

ACT website

 

Musicians :
Johanna Summer piano on #1 ,2, 3
Jakob Manz alto saxophone on #1, recorder on #2, 3
Nils Kugelmann double bass on #3, 7
Emma Rawicz tenor saxophone on #3
David Helbock piano on #4, 5
Florian Willeitner violin on #4-5, vocals on #5
Daniel García piano on #6, 7
Andreas Schaerer voice, mouth percussion on #6
Kalle Kalima electric guitar on #7
Eric Schaefer drums on #7
Michael Wollny piano on #8, 9
Lars Danielsson double bass & cello on #8, 9
Wolfgang Haffner drums #8, 9
Nils Landgren trombone on #8, 9
Cæcilie Norby vocals on #9
Magnus Lindgren flute on #9

Track Listing :

01 The Opposite 02:56 (Johanna Summer)
02 The Turmoil 03:40 (Jakob Manz)
03 Unexpected Love 06:18 (Nils Kugelmann)
04 Hymn for Sophie Scholl 05:08 (David Helbock)
05 Traveller’s Melody 04:54 (Florian Willeitner)
06 La Leyenda del Tiempo 08:37 (Daniel García, P. de Lucía, R. Capitán, M. de Falla)
07 Casbah Radio 07:55 (Chris Jennings)
08 Lady Madonna 07:48 (Paul McCartney, John Lennon)
09 Wholly Earth 08:00 (Abbey Lincoln)

Produced by Siggi Loch
Recorded live on 30 August 2025 at ACT Art Gallery, Berlin
Recorded live by Klaus Scheuermann
Mixed and mastered by Klaus Scheuerm