KATIE KNIPP – Live At Theater 5150

Autoproduction / Independent
Americana, Blues
KATIE KNIPP - Live At Theater 5150

En un quart de siècle de carrière, la singer, songwriter et multi-instrumentiste californienne Katie Knipp a déjà enregistré neuf albums (dont un premier live, “At The Green Room Social Club” en 2022). Elle a été consacrée à deux reprises meilleure artiste blues par les Sacramento Blues Awards (en 2019 et 2020), et honorée en tant qu’artiste de l’année 2020 par le Country Folk Americana Blues Music Realm. Capté au Theater 5150 de Carmichael (Californie) le 10 janvier 2026 (au cours d’une session intimiste, réservée à 80 de ses fans parmi les plus fidèles), ce double LP (dont la durée totale avoisine les 80 minutes traditionnelles en pareil format) la présente non seulement au chant, mais aussi au piano, à la guitare slide et à l’harmonica. Accompagnée de son regular band, Pancho Tomaselli à la basse, Steve Utstein au Hammond B3 et au Wurlitzer, Neil Campisano à la batterie et Quinn Hedges à la lead guitar, elle y reprend, outre treize originaux de son cru,  trois covers (de Blind Willie Johnson à Bruce Springsteen, en passant par le regretté Justin Townes Earle). Elle déboule sur scène avec swagger (et en soufflant éperdument dans un harmonica), pour débiter le furieux “Santa Cruz Blues” (où elle confie avoir assisté au suicide de l’un de ses condisciples à l’université du bled en question, quand elle n’avait que 21 ans). Autour d’elle, ses musiciens semblent résolus à ne pas faire de quartier, mais ils n’en calment pas moins le jeu pour le mid-tempo “I Don’t Sing For You”, que domine (outre la voix de la patronne) un tandem piano-orgue comme l’on n’en entend plus guère depuis que The Band, Spooky Tooth et Procol Harum on déposé le bilan (le solo de Hammond B3 s’y avère digne d’un Stevie Winwood au temps béni de Traffic, et celui des six cordes de Hedges en confirme la touche résolument seventies). Zébré de slide, “Bullet Train” emprunte à la vénérable Janis Joplin son effronterie et son lyrisme coquin, et Katie persiste à pratiquer le bottleneck avec brio sur sa reprise hantée du “If I Was The Devil” de Justin Townes Earle (disparu il y a six ans pile aujourd’hui même), tandis que l’orgue de Utstein lui donne à nouveau la réplique avec aplomb. Plus lugubre encore (si possible), “Dirty Cables” témoigne de la culpabilité qui habite encore Miss Knipp (deux décennies après les faits) de n’avoir pu assister son meilleur ami (hospitalisé en soins intensifs) à l’heure de son trépas. Puisqu’on n’en est pas précisément au quart d’heure comique, “The Devil’s Armchair” traite du thème de l’addiction, dans un registre guère éloigné de celui du fameux “Sister Morphine” que Lady Faithfull offrit jadis aux Rolling Sonotones (et c’est bien sûr Katie qui y assure la slide crado façon Ry Cooder, laissant à Hedges le soin d’incarner un Mick Taylor hurlant à la lune). Comme l’indique son titre, “Metro In Paris” assume pleinement son côté ragtime cabaret (ma parole, elle n’a jamais essayé celui de New-York?), et chacun semble y apprécier ses allusions mi-outrées, mi-grivoises, tandis que Utstein se la joue Charlie Oleg (sous vos applaudissements au Théâtre de l’Empire), et que Katie pastiche (probablement sans s’en apercevoir) la regrettée Marie-Paule Belle. Retour au dirty heavy blues-rock par lequel débuta cet opus, pour un “Outlaw Doc” relatant le destin forcément funeste d’un détrousseur de diligences de la moitié du 19ème siècle, avant une seconde cover – celle du “John The Revelator” de Blind Willie Johnson (que popularisa également le grand Son House), proposée selon un arrangement chaloupé n’étant pas sans évoquer le “Spoonful” de Willie Dixon (avec un Campisano s’y prenant pour Drumbo, tandis que chacun de ses comparses s’y voit gratifié d’un chorus). “Get Outta My Dream” se révèle un straight stride boogie-woogie swing, au fil duquel les claviers se tirent la bourre avec gourmandise, sous l’œil impavide d’une lead guitar chez qui l’on croirait reconnaître le fantôme d’un autre grand disparu, le dénommé Jay Geils. L’ombre de ce dernier hante encore le “Sad Eyed Lover” qui lui succède, avant que Katie ne rende cette fois hommage à celui que l’on surnomme encore le Boss, via une adaptation mi-reggae skank, mi-cavalcade psychédélique, de son “State Trooper” (issu de “Nebraska”). L’ironique “Chamomile And Cocaïne” embraye sur un de ces second-line beats louisianais dont Doctor John et Little Feat étaient si friands (nonobstant un pont en guitar solo aussi bluesy que ce que pouvait suinter en son temps un certain Mike Bloomfield), et “Gone To Town” prend la forme d’early-blues antics de la facture de “Saint James Infirmary”. Inspiré par un tragique fait divers récemment fomenté dans les environs par la folie bigotte et radicale qui semble s’emparer d’une fraction de plus en plus décomplexée de l’électorat suprémaciste américain, “Stillness” laisse Katie épancher sa révolte et son exaspération, avant que, sur un pattern proche de celui du “Ballad Of A Thin Man” de Dylan, “Mud” ne conclue sur un pic ce live effectivement des plus vivants. Quand une front woman de ce calibre parvient à s’acoquiner avec des comparses à ce point équivalents, il faudrait être sourd pour ne pas en redemander. Operate repeat!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, August 20th, 2026

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Release party at the Torch Club, Sacramento, le 3 octobre 2026 à 21h00

Album à commander sur le Bandcamp de l’artiste:

  • Limited Edition Double Vinyl
  • Compact Disc
  • Super Fan Vinyl Pack
  • Super Fan CD Pack
  • Vinyl Lover’s Bundle
  • The Multimedia Pack
  • Digital

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Important – Inventory Alert: “There are only about 40 vinyl records left. After that I will not press anymore because double vinyl is way too expensive to manufacture and I need to begin focusing and funding the next project.” – Katie Knipp.

Katie Knipp’s website