Alex Hamburger & José Luiz Martins – Catalog of Dreams (FR review)

Challenge Records – Street Date Aufgust 14, 2026
Jazz
Alex Hamburger & José Luiz Martins - Catalog of Dreams

Résumé: Sur Catalog of Dreams, la flûtiste et chanteuse Alex Hamburger s’associe au pianiste José Luiz Martins pour un premier album en duo intime et profondément expressif. À la croisée de la musique brésilienne, du jazz contemporain, de la musique de chambre et du Great American Songbook, le disque se déploie comme une expérience d’écoute onirique où l’atmosphère, la subtilité et la liberté artistique prennent le pas sur les frontières entre les genres.

Alex Hamburger & José Luiz Martins, Catalog of Dreams: une traversée lumineuse au-delà du jazz

L’après midi s’est installé sous une chaleur écrasante, de celles qui finissent par effacer les frontières. Que l’on soit en Europe ou aux États-Unis, l’été 2026 semblait offrir partout la même sensation d’air immobile, lourd, presque figé. Une chaleur qui pousse moins à sortir qu’à chercher un refuge. Dans ces moments là, le studio d’enregistrement cesse d’être un simple lieu de travail. Il devient un abri. À l’écart de la lumière aveuglante, entouré d’étagères remplies de disques accumulés au fil des années, le silence tempéré de la pièce impose un autre rythme. Un espace où la musique peut enfin prendre la parole avant que le monde ne vienne la recouvrir.

C’est dans cette atmosphère que mon regard s’est arrêté sur deux noms encore inconnus : Alex Hamburger et José Luiz Martins. Je n’avais jamais écouté leur musique, du moins pas consciemment. Pourtant, quelque chose dans leur présentation éveillait immédiatement la curiosité. Avant même la première note, une intuition s’imposait : ces deux artistes auraient toute leur place derrière le célèbre bureau des concerts Tiny Desk de NPR. Par curiosité, je saisis leurs noms dans un moteur de recherche. Quelques secondes plus tard apparaissaient plusieurs vidéos du Tiny Desk Contest. Parfois, l’instinct précède les vérifications.

La pochette de Catalog of Dreams confirmait cette première impression. Impossible de ne pas y voir un discret écho aux portraits promotionnels des années 1980, avec cette pose affirmée et ce fond bleu intense. Mais le graphisme ne verse jamais dans la nostalgie gratuite. Au contraire, ce bleu donne à l’image une sérénité très actuelle, en parfaite résonance avec la musique qu’elle annonce. Quant au titre, il ne promet ni démonstration ni éclat. Il ouvre plutôt une porte sur un territoire où l’imaginaire l’emporte sur les conventions.

La décision était prise. J’ai lancé la lecture. Les premières minutes correspondaient presque exactement à ce que j’avais imaginé, tout en déjouant mes attentes. Oui, il y avait quelque chose d’onirique. Oui, une modernité assumée, mais jamais ostentatoire. La première voix que l’on entend n’est pourtant pas humaine. C’est celle, douce et expressive, de la flûte d’Alex Hamburger. Elle ne cherche pas à s’imposer. Elle entre lentement dans l’espace, dessine une atmosphère, avant que le piano de José Luiz Martins ne vienne naturellement engager le dialogue. Ce n’est qu’ensuite que la chanteuse fait entendre sa voix.

Ce qui surprend d’abord n’est pas tant la musique que la manière dont elle a été enregistrée. L’oreille s’attend presque instinctivement à trouver la voix au premier plan, solidement installée au centre de l’image sonore. Ici, elle demeure légèrement en retrait, comme suspendue derrière les instruments. Durant quelques instants, on se demande si le mixage ne réserve pas une étrange surprise. Puis tout devient évident. Rien n’est déséquilibré. Le disque refuse simplement la hiérarchie devenue la norme dans une grande partie des productions actuelles, où le chant domine inévitablement le reste. Chez Hamburger et Martins, la voix est un instrument parmi les autres, une couleur supplémentaire au sein d’une palette soigneusement équilibrée. Catalog of Dreams ne demande pas de suivre une chanteuse. Il invite à habiter un paysage sonore.

Cette prise de conscience change profondément l’écoute. Elle oblige aussi à modifier nos habitudes. Nous avons appris à consommer la musique dans l’instant, à rechercher immédiatement un refrain, une mélodie marquante ou un sommet émotionnel. Cet album prend le chemin inverse. Sa beauté se révèle progressivement, au fil des écoutes, avec une patience presque méditative. Plus les morceaux avancent, plus il devient évident qu’Alex Hamburger et José Luiz Martins ne cherchent pas à aligner une succession de chansons, mais à construire un vaste paysage émotionnel où le silence possède presque autant d’importance que les notes.

Ce sont des disques qui réclament une autre qualité d’attention. Ils récompensent la curiosité bien davantage que l’impatience. À mesure que l’écoute se prolonge, je me suis surpris à abandonner les réflexes que j’associe habituellement au jazz. Je n’analysais plus les solos ni les progressions harmoniques. Mon attention se portait désormais sur l’espace lui même. José Luiz Martins ne se contente jamais d’accompagner. Son toucher construit une véritable architecture, ménageant de larges respirations dans lesquelles la flûte d’Alex Hamburger peut évoluer librement. Leur dialogue prend parfois l’allure d’une conversation intime. Ailleurs, il évoque davantage la musique de chambre que le jazz, tant les deux musiciens semblent anticiper les intentions l’un de l’autre avec une remarquable finesse. Rien n’apparaît démonstratif. Rien ne cherche à attirer artificiellement l’attention. Chaque phrase semble arriver exactement au moment où elle devait naître.

Le parcours d’Alex Hamburger éclaire d’ailleurs cette impression d’équilibre naturel. La musicienne est bien davantage qu’une excellente flûtiste et chanteuse. Elle appartient à une génération d’artistes pour lesquels les frontières stylistiques ont perdu une grande partie de leur sens. Au cours de la saison 2018-2019, elle a intégré le programme Focusyear du JazzCampus Basel, en Suisse, considéré comme l’un des plus prestigieux tremplins européens consacrés aux jeunes talents du jazz. Sa réputation ne tient pas seulement à son niveau d’excellence, mais à une philosophie qui encourage l’expérimentation permanente. Les musiciens y composent, jouent, collaborent quotidiennement avec des artistes venus du monde entier et construisent une identité fondée sur la curiosité plutôt que sur l’imitation. Alex Hamburger est manifestement sortie de cette expérience avec cette liberté d’esprit, qui irrigue aujourd’hui chaque instant de Catalog of Dreams.

La reconnaissance est venue presque naturellement. Des organismes tels que South Arts Jazz Roads, Chamber Music America ou encore Pathways to Jazz ont soutenu ses projets d’enregistrement et ses tournées, contribuant à élargir progressivement son horizon artistique. Mais les distinctions ne racontent qu’une partie de l’histoire. Elles ouvrent des portes, elles ne définissent pas une identité.

Le parcours d’Alex Hamburger s’est construit autant dans la rencontre avec les autres que dans ses propres réalisations. On la retrouve aux côtés d’Origem, du Brain Trust de Lucas Ashby, du sextet d’Abe Mamet ou encore de Biomorphic Forms. Elle a également fait un détour par l’univers du rock indépendant en collaborant avec Bright Eyes. D’un projet à l’autre, elle circule avec une étonnante aisance entre le jazz contemporain, la musique brésilienne, la musique de chambre et la pop alternative. Chez elle, les styles ne sont jamais des cases dans lesquelles s’enfermer, mais des langages qui dialoguent et s’enrichissent mutuellement.

Cette vision de la musique prend toute son ampleur lorsqu’elle rencontre le pianiste José Luiz Martins. Depuis plus de six ans, les deux artistes construisent une relation musicale fondée moins sur la démonstration technique que sur une confiance réciproque. Compositeur et arrangeur d’une grande finesse, Martins semble savoir instinctivement quand prendre la parole et quand s’effacer. Son piano ne cherche jamais à rivaliser avec la voix ou la flûte d’Alex Hamburger. Il dessine le décor émotionnel dans lequel elles évoluent librement. À mesure que l’on écoute le disque, on comprend que sa profondeur tient aussi à tout ce qui n’est pas joué. Ici, le silence n’est jamais un vide. Il devient un véritable élément du discours musical, modelant chaque respiration et chaque nuance.

Cette économie de moyens est devenue rare dans la production contemporaine. À une époque où tant d’enregistrements cherchent à remplir le moindre espace sonore, Catalog of Dreams choisit au contraire l’ouverture. La musique respire, avance sans précipitation et invite l’auditeur à ralentir avec elle. Ce n’est pas un album qui se livre entièrement dès la première écoute. Comme les rêves auxquels son titre fait référence, il change légèrement de visage à chaque retour, révélant des détails qui avaient jusque là échappé à l’attention.

La suite de cette exploration s’intéresse plus en profondeur à la complicité créative qui unit les deux musiciens, aux influences brésiliennes et jazz qui irriguent le disque, à la qualité de sa prise de son et, plus largement, aux raisons qui font de Catalog of Dreams l’une des propositions les plus discrètement audacieuses de cette année.

À mesure que l’album atteint son cœur, une autre évidence s’impose. Catalog of Dreams ne cherche jamais à prouver quoi que ce soit. Il ne mise ni sur la virtuosité spectaculaire ni sur de grandes déclarations destinées à redéfinir le jazz. Son ambition est plus discrète, mais sans doute plus difficile à atteindre. Alex Hamburger et José Luiz Martins poursuivent quelque chose qui devient rare aujourd’hui : une sincérité dépourvue de sentimentalisme, une sophistication qui ne verse jamais dans l’excès.

Ce premier album en duo est l’aboutissement de plus de six années de concerts, de créations et de dialogue artistique. Une histoire commune qui s’entend immédiatement. Certaines collaborations brillent brièvement avant que chacun ne reprenne sa route. D’autres se construisent lentement, nourries par le respect mutuel et le désir d’évoluer ensemble. Alex Hamburger et José Luiz Martins appartiennent clairement à cette seconde catégorie. Leur complicité ne s’est pas développée par habitude, mais grâce à une exploration constante, chaque nouveau projet enrichissant un dialogue qui continue de gagner en profondeur.

Cette alchimie traverse les huit pièces qui composent l’album, dont six relectures particulièrement inspirées et deux compositions originales. Plutôt que de présenter la musique brésilienne, le jazz contemporain et les standards du Great American Songbook comme des univers distincts, les deux musiciens les laissent circuler naturellement les uns vers les autres. Le résultat ne relève pas de la fusion au sens habituel du terme. Rien n’est mélangé pour l’effet de surprise. Ces influences cohabitent simplement parce qu’elles font déjà partie de leur langage musical.

La musique brésilienne apporte bien davantage qu’une couleur rythmique. Elle irrigue les phrasés, les choix harmoniques et cette remarquable patience mélodique qui parcourt l’ensemble du disque. Ceux qui attendraient des références évidentes à la samba ou à la bossa nova risquent d’abord de passer à côté de l’essentiel. L’esprit brésilien s’exprime ici de manière beaucoup plus subtile. Il se niche dans la souplesse des lignes mélodiques, dans cette lumière qui affleure parfois au cœur même de la mélancolie, ainsi que dans l’équilibre naturel entre raffinement harmonique et émotion immédiate.

José Luiz Martins maîtrise cette langue musicale avec une évidence désarmante. Son piano ne domine jamais le dialogue, mais il en oriente discrètement le cours. Certaines harmonies évoquent l’élégance de la musique de chambre, tandis que d’autres s’ancrent davantage dans le jazz contemporain, laissant volontairement quelques tensions en suspens afin de maintenir une douce attente. Loin d’un simple rôle d’accompagnateur, le piano devient une véritable voix narrative, répondant à la flûte d’Alex Hamburger avec une sensibilité remarquable.

La flûtiste, de son côté, échappe tout autant aux classifications. Sa maîtrise technique est indiscutable, mais elle ne l’exhibe jamais comme une fin en soi. Chaque phrase participe à la construction émotionnelle de l’ensemble. Son timbre peut rayonner avec éclat avant de devenir, l’instant suivant, presque murmuré. Même dans les passages les plus exigeants, elle privilégie toujours l’expression à la démonstration, préférant inviter l’auditeur dans son univers plutôt que de chercher à l’impressionner.

Son chant répond à la même logique. Certains auditeurs seront peut être surpris par les choix de production. La voix s’inscrit souvent au cœur de l’ensemble instrumental plutôt que de s’imposer au premier plan. À une époque où les chanteurs occupent presque systématiquement tout l’espace sonore, cette décision peut sembler à contre courant. Pourtant, au fil des écoutes, son évidence apparaît. La voix d’Alex Hamburger n’est pas conçue pour dominer la musique. Elle en fait pleinement partie, se fondant dans le dialogue avec la flûte et le piano jusqu’à ce que les trois voix ne forment plus qu’un seul et même langage expressif.

Cet équilibre singulier pourra dérouter les auditeurs en quête de voix jazz plus traditionnelles, et c’est peut-être là que l’album risque de diviser les opinions. Ceux qui l’abordent à la recherche de structures familières ou de mélodies immédiatement mémorisables pourraient trouver cette assurance discrète presque insaisissable. Certains passages, par leur lenteur assumée, exigent une patience que les publics contemporains ne sont plus toujours habitués à accorder. Mais cette patience finit invariablement par être récompensée. Peu à peu, l’album dévoile des détails émotionnels qui auraient probablement disparu dans une production plus conventionnelle.

À bien des égards, Catalog of Dreams évoque certaines œuvres de la musique classique du XXe siècle, non parce qu’il en reproduit les codes, mais parce qu’il partage une philosophie similaire. Ici, la texture acquiert une importance comparable à celle de la mélodie. Le silence devient aussi expressif que l’harmonie. L’atmosphère n’est jamais réduite à un simple ornement, elle constitue un véritable élément de construction musicale. C’est une musique qui se déploie autant dans l’espace que dans l’émotion, invitant l’auditeur à habiter chaque composition plutôt qu’à simplement la suivre du premier au dernier instant.

Et pourtant, ce disque demeure profondément humain. Rien dans ces interprétations ne relève d’une démarche académique ou distante. Aucune barrière intellectuelle ne sépare les musiciens de ceux qui les écoutent. Bien au contraire, ce qui touche le plus profondément réside dans leur acceptation de la vulnérabilité. Il aurait été beaucoup plus simple pour deux artistes de cette envergure de rester confortablement installés dans les conventions établies du jazz, en réalisant un album techniquement irréprochable qui aurait satisfait les attentes sans jamais les remettre en question. Hamburger et Martins choisissent une autre voie, celle de l’incertitude. Ils font de la fragilité une composante essentielle de leur démarche artistique, convaincus que la sincérité possède une force émotionnelle supérieure à la perfection.

Cette volonté de prendre des risques créatifs mérite d’être saluée. Dans le paysage musical actuel, les artistes sont souvent encouragés, par l’industrie comme par les algorithmes, à se définir à travers des catégories immédiatement identifiables. Les genres deviennent parfois des outils de marketing avant même de constituer des identités artistiques. Catalog of Dreams refuse discrètement cette logique. Le jazz, la musique brésilienne, la musique de chambre et l’écriture contemporaine ne sont pas présentés comme des influences concurrentes, mais comme différents langages d’une même conversation. L’album ne prend jamais le temps d’expliquer ces correspondances, car pour Hamburger et Martins, elles semblent aller de soi.

L’une des grandes réussites du disque tient précisément à son refus de rechercher l’immédiateté. Ces compositions ne sont pas conçues pour capturer l’attention dans les trente premières secondes. Elles demandent au contraire à l’auditeur de ralentir, de rester pleinement présent et d’accepter les zones d’incertitude. Une telle approche peut presque sembler radicale à une époque dominée par les playlists et les statistiques du streaming. Pourtant, c’est justement ce refus de se conformer qui confère à l’album son autorité tranquille.

La réalisation sonore mérite également une attention particulière. Les albums fondés sur la nuance, l’amplitude dynamique et l’interaction subtile entre les instruments peuvent facilement perdre leur impact émotionnel à cause d’un travail de production maladroit. Ici, chaque choix technique semble guidé par la musique elle-même plutôt que par les tendances du moment. L’espace sonore est ample sans jamais paraître artificiel. Chaque instrument trouve sa place tout en préservant l’intimité qui caractérise les interprétations. Le piano conserve sa chaleur sans perdre en précision. La flûte circule avec naturel dans l’espace acoustique, tandis que le positionnement discret de la voix apparaît progressivement comme l’une des décisions les plus réfléchies de la production, et non comme une simple excentricité.

Un travail d’ingénierie de cette qualité passe souvent inaperçu précisément parce qu’il ne cherche jamais à se mettre en avant. C’est sans doute le plus bel hommage que l’on puisse lui rendre. Rien ne vient détourner l’attention de la dimension émotionnelle des performances. Au contraire, l’enregistrement crée l’environnement idéal pour ces musiciens, permettant à chaque silence, chaque résonance et chaque phrase soigneusement mesurée de s’exprimer avec une précision remarquable.

Ce qui demeure après les dernières notes n’est pas seulement l’admiration pour deux interprètes talentueux. C’est aussi une forme de reconnaissance envers des artistes qui choisissent de faire confiance à leur instinct à une époque où la conformité semble souvent représenter la voie la plus sûre. Catalog of Dreams n’est pas un album qui cherche à être consommé rapidement. Il appelle à être redécouvert. Chaque nouvelle écoute révèle un autre dialogue subtil entre la flûte et le piano, une autre couleur harmonique, une autre nuance émotionnelle jusque-là restée dans l’ombre.

Certains albums réussissent parce qu’ils confirment ce que nous savons déjà. D’autres comptent parce qu’ils transforment doucement notre manière d’écouter. Celui de Hamburger et Martins appartient à cette seconde catégorie. Leur premier disque en duo cherche moins à définir un genre qu’à créer un espace où l’imagination peut circuler librement entre les traditions, les souvenirs et les émotions. En cela, ils rappellent que la musique la plus précieuse naît souvent là où les frontières entre les catégories disparaissent.

Lorsque le disque s’est achevé, je me suis surpris à repenser à cet après-midi étouffant où j’avais glissé pour la première fois le disque dans le lecteur. La chaleur extérieure n’avait pas changé. Le monde au-delà du studio était toujours aussi bruyant et impatient. Mais pendant près d’une heure, rien de tout cela ne semblait avoir d’importance. Catalog of Dreams avait transformé la pièce en un espace différent, suspendu entre mémoire et possibilité, un lieu où le temps ralentissait suffisamment pour rappeler pourquoi nous continuons à chercher des musiques capables de nous surprendre.

C’est peut-être là, finalement, la plus grande réussite de cet album. Il ne réclame pas l’admiration. Il la gagne en silence, note après note, avec une justesse et une délicatesse infinies.

Thierry De Clemensat
Member at Jazz Journalists Association
USA correspondent for Paris-Move and ABS magazine
Editor in chief – Bayou Blue Radio, Bayou Blue News

PARIS-MOVE, July 20th, 2026

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To buy this album

Alex Hamburger’s website

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Musicians :
Alex Hamburger: Flute (1, 3, 5, 8) voice (1, 2, 4, 7) synth (2)
Luiz Martins: Synth, keys

Track Listing :
Ladeira Da Preguiça
Catalog
Tombo in 7/4
Detour Ahead
Captain Stupido
The Riddle
Poente
Dance Cadaverous