GILES ROBSON – Nine Blues Originals

Autoproduction
Blues
GILES ROBSON - Nine Blues Originals

Virtuose de l’harmonica, chanteur et showman multi-primé et internationalement reconnu, Giles Robson mène assurément une carrière musicale d’exception. Seul artiste britannique (ou même européen) à avoir signé chez Alligator (dont le boss Bruce Iglauer l’a qualifié de “géant du blues, et maître absolu du genre“), il figure aussi parmi les trois seuls artistes britanniques à avoir remporté un prestigieux Blues Music Award à Memphis (à l’instar d’Eric Clapton et Peter Green ). Ses albums se hissent en bonne place dans les classements des magazines musicaux les plus prisés (tels que Mojo, Living Blues et Downbeat), et il se produit chaque année en tournée dans plus de quinze pays. Après ses acclamés “Seven Blues Classics” et “Ten Chicago Blues Classics” (tous deux récipiendaires de maints awards – ce dernier en tandem avec le grand John Primer, et chroniqué ICI), il nous revient avec neuf compositions de son cru (comme en indique le titre), à nouveau captées en duo à Londres en mai dernier, mais cette fois avec le guitariste Marty Fizzotti (qui l’accompagnait déjà sur “Seven Blues Classics”). Le mixage et la mastérisation en ont à nouveau été confiés à Arnaud Fradin (leader de Malted Milk) en son Mojo Hand Studio de Nantes, et dès le “Cheap & Blended” d’ouverture, on retrouve l’empreinte de maîtres du passé (tels que Rice Miller et Walter Jacobs en l’occurrence), que ce soit sur le plan stylistique ou thématique (ici celui, certes éculé, du whisky bon marché que l’on consomme seul at home quand notre chérie nous a plaqué). On ne peut s’empêcher d’énumérer à la suite certains des plus fameux harmonicistes passés parmi les rangs du Muddy Waters band, tels que Junior Wells (“Me & My Righteous Girl”), Carey Bell (“I Ain’t Got A Dog In That Fight”), Jerry Portnoy (“Miss Heaven & Go To Hell”) ou Walter Horton (le manifeste “Never Too Clever For The Blues” et ce “Town To Town” effréné, dédié au regretté Memphis Slim), et Giles reprend également (parmi sept nouvelles compositions) deux titres antérieurs de son répertoire. À la demande du public de ses récents shows intimistes, “Your Dirty Look & Your Sneaky Grin” et “The G.R. Shuffle” (initialement captés avec une formation plus étendue) bénéficient donc ici d’un traitement plus dépouillé. Le premier se rapproche ainsi d’un hybride entre “Rock Me Baby” et “The Same Thing”, tandis que le second passerait aisément pour un instrumental de Sonny Boy Williamson II. Robson conclut ce splendide album sur l’instrumental “Blues For Joe Louis Walker”, qu’il dédie à ce grand musicien récemment disparu, dont il fut également l’ami. Du blues à l’os et à fleur de peau, aussi frais et authentique que vous pouvez le souhaiter: tous les virtuoses ne souhaitent ainsi pas se cantonner à épater le gogo, et en dépit de (ou grâce à) ses impressionnantes capacités, Giles Robson privilégie cette fois encore l’émotion. N’est-ce pas ce que cette musique est censée produire, en définitive?

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, June 29th, 2026

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