NICKY T AND THE SNAKE CHARMERS – Ain’t Wasting Time

Autoproduction
Blues
NICKY T AND THE SNAKE CHARMERS - Ain't Wasting Time

Second album pour le guitariste et chanteur Nicholas Tabarias, après son “Life On Life’s Terms” de 2021 (lui aussi déjà autoproduit). Issu de la scène blues de Detroit, ce protégé de Ronnie Earl (aux derniers cinq albums duquel il a contribué) ravive les fondamentaux du West-Side Sound, un courant qui révolutionna partiellement le Chicago blues à l’aube des sixties (en y incorporant des éléments déterminants de gospel et de soul). L’un de ses porte-flambeaux n’était autre que le regretté Sam Maghett (alias Magic Sam), hélas disparu en 1969 à seulement 32 ans, et dont le “That’s All I Need” ouvre cette galette sur tapis d’orgue et soul beat millésimés, tandis que Nicky s’y exprime d’un ton assuré, que ce soit au chant ou aux six cordes. Le garçon ne tarde pas à démontrer son degré d’assimilation du blues des fifties (dès le cuivré “Mistreating Mama” réminiscent de T-Bone Walker et Pee Wee Crayton, où sa guitare fait jeu égal avec le piano alerte de Chris Codish), ainsi que du vintage rhythm n’ blues d’où émergea le rock n’ roll (ce “Feel Like A Hundred”, que l’on jurerait issu du répertoire de Chuck Berry). Revendiquant ouvertement ses modèles, il reprend également les ballades “Guess Who” et “Lead Me On” (respectivement popularisées par B.B. King et Bobby ‘Blue’ Bland, et chantées ici par le vocaliste extraordinaire Greg Nagy), sans manquer d’adresser un autre hommage vibrant à Magic Sam avec l’éloquent instrumental “Thank You Magic Sam” (démarqué de son propre “Feeling Good”). Mentor assumé de Nicky, Ronnie Earl effectue un bref (mais néanmoins intense) cameo, en délivrant sur le mid-tempo “The Glass” un de ces soli déliés dont il détient le secret. Sa dévotion envers Magic Sam n’empêche nullement Nicky de rendre aussi hommage à son contemporain Otis Rush, au fil de la plage titulaire qui s’étire sur plus de dix minutes (à l’image de ses “Double Trouble” et “So Many Roads”) : un torrent de feeling et un véritable tour de force guitaristique, dans l’esprit du Peter Green de la grande époque… Avec les enlevés “Waiting For The Sunshine” et “Charming The Snake”, le jump-swing n’est pas en reste non plus, avant que le “Life On Life’s Terms” qui donnait son titre à son précédent album ne ferme le ban en mode Delta blues acoustique, avec le renfort de l’harmonica gouleyant de Kurt Crandall. Légitimement imprégné de l’héritage de ses maîtres, voici donc l’avènement d’un nouveau parangon du classic blues historique. Welcome home, young man, sit down at the table!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, May 28th, 2026

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