Gwen Cahue – Mosaïque

Label Ouest, 2026
Jazz manouche
Gwen Cahue - Mosaïque

Gwen Cahue: un nom à retenir, une guitare à écouter!

La discographie de Gwen Cahue – de Memories of Paris (2019) à Mosaïque (2026) – trace un parcours évolutif, entre virtuosité assumée et maturité de composition. Avec ce cinquième album, le guitariste breton signe une nouvelle étape de ce chemin particulièrement intéressant qu’il parcourt depuis maintenant deux décennies.

Dès son plus jeune âge, Gwen Cahue se passionne pour la musique et se met rapidement à la guitare de manière autodidacte. Il débute par l’apprentissage de différents styles – Jimi Hendrix étant sa première inspiration, avant de découvrir la musique de Django Reinhardt. Son envie de parfaire sa connaissance le pousse à s’installer d’abord à Strasbourg, véritable “place forte” du jazz manouche, où il a l’opportunité de croiser les plus grands musiciens du style (Biréli Lagrène, Tchavolo Schmitt, Yorgui Loeffler…), auprès desquels il se forge un caractère musical propre. De Strasbourg à Paris, des clubs de la rue des Lombards aux festivals internationaux, Cahue façonne un style qui n’appartient qu’à lui.

Un style personnel, à la croisée des traditions: Ce qui caractérise le jeu de Gwen Cahue, c’est précisément ce refus de la case unique. Il plonge les racines manouches de sa guitare dans les eaux de la musique universelle, une formule qui résume parfaitement son ambition artistique. La tradition djangoïenne y est bien présente, avec attaque précise, lignes mélodiques virtuoses, swing irrésistible, mais elle ne constitue jamais un horizon fermé. Les inspirations sont variées, de la musique classique aux racines folkloriques, le tout transformé par de survoltantes improvisations tirées de son bagage jazzistique. Nous le confirmons, une fois de plus, Cahue façonne un style qui n’appartient qu’à lui.

Sur ses précédents albums, Cahue a toujours cultivé cet équilibre entre créations personnelles et répertoire emprunté à d’autres univers. Sur Margin Call (2021), il avait composé deux titres, “Soundscape” et “Clin d’œil”, et exploré les répertoires de Cole Porter, Astor Piazzolla, Oscar Peterson, Charles Mingus, Radiohead ou encore Eddy Louiss. Cette ouverture stylistique est une signature, pas une concession. Mosaïque, dont le titre lui-même évoque l’assemblage de fragments de provenances diverses, semble s’inscrire dans cette même logique: un programme de 12 titres mêlant compositions originales et répertoire revisité, avec la guitare acoustique comme fil conducteur pour une bien belle relecture de Body and Soul, un standard de Django, ainsi que deux superbes adaptations de The Peacocks (Jimmy Rowles) et In Walked Bud (Thelonious Monk).

Les titres sont enregistrés en trio, formation plus intime et directe que le quartet de Margin Call et qui laisse la guitare de Cahue au premier plan, dans toute sa clarté, d’une vitalité débordante. L’absence d’électricité est là encore revendiquée: la guitare que le virtuose utilise est une vieille Favino, dont les vibrations se perçoivent même pour l’auditeur non averti.

Storyboard (2023) avait été salué “4T” par Télérama, confirmation d’une démarche singulière remarquée (et remarquable) dans le jazz acoustique contemporain. Mosaïque s’annonce comme la suite logique de cette reconnaissance: un album cohérent, personnel, lumineux et captivant qui confirme que Gwen Cahue est aujourd’hui l’une des figures les plus intéressantes de la guitare jazz manouche française.

Frankie Pfeiffer
Editor in chief – PARIS-MOVE

PARIS-MOVE, April 22nd 2026

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