THE PUPPINI SISTERS – The Birthday Party

Millionaire Records / absolute
Swing
THE PUPPINI SISTERS - The Birthday Party

On pourra sans exagérer les qualifier de rétro (voire de kitsch), mais certainement pas d'”intérieur queer” (comme le chante notre cher Ramon Pipin sur son dernier album, chroniqué ICI). Car (en référence à leur modèle revendiqué, les Andrews Sisters qui firent les beaux jours de l’entre-deux et de l’après-guerre), les Puppini Sisters s’obstinent à faire revivre des temps plus insouciants que ceux que nous traversons de nos jours. À contrario de ces dernières (mais à l’instar des Ramones et des Allman après la mort de Duane), les sœurs Puppini n’entretiennent dans le civil aucun lien de parenté, ce qui ne les empêche nullement de célébrer leurs vingt ans de carrière. Inspiré à l’origine par la B.O. des “Triplettes de Belleville” de notre compatriote Sylvain Chomet, ce trio vocal féminin (habillé à ses débuts par l’égérie punk puis néo-forties, la Londonienne Vivienne Westwood) propose à nouveau, avec son sixième album à ce jour (si l’on exclut un “Best Of” et une bonne quinzaine de featurings sur diverses compilations festives), une savoureuse fournée d’adaptations glamour et décalées de standards initialement dispersés sur le demi-siècle écoulé. Hormis le semi-klezmer “Hey Sister” introductif, ainsi que “Postcards From The Road” (sans relation avec la plage éponyme que signa Steve Rothery pour Marillion), tous deux de la plume de Marcella Puppini, ce sont donc une dizaine de covers soigneusement réarrangées qui composent cet album au charme volontairement désuet. À commencer par ce “Dream A Little Dream Of Me” que composa dans les années 30 un autre trio (Fabian Andre, Wilbur Schwandt et Gus Kahn), et que popularisèrent (outre Mama Cass avec ses Mamas & Papas) Ella Fitzgerald, Henry Mancini, les Mills Brothers et Erasure (parmi des dizaines d’autres). Anniversaire oblige, les frangines n’ont pu s’empêcher de revisiter le traditionnel classique familial, dans une veine effectivement réminiscente des “Triplettes” (ainsi que de celle de la regrettée Monroe devant son JFK chéri), mais là où les choses se corsent (comme disait le député José Rossi), c’est avec le “Kokomo” des Beach Boys tardifs (soit sans Brian Wilson), ainsi que le “Take Five” de Dave Brubeck, “Take The A Train” du Duke et le “Honeysuckle Rose” de Fats Waller. Avec sa métrique tarabiscotée, le second demeure une prouesse dans cette version mi-reggae, mi-yiddish, tandis que le troisième arbore ici un ragtime beat du meilleur effet (Django guitar à la clef). Le “Monster Mash” de Bobby Pickett (qui cartonna nationwide en 62) alterne ainsi twist et swing, alors que le “Ma Nah Ma Nah” de Piero Amiliani (“Mais Non, Mais Non” chez nous, via Henri Salvador et Marcel Zanini) se voit administrer une exquise touche charleston. Le “Parole Parole” dont Alain Delon et Dalida firent en leur temps leur miel est restitué ici dans sa langue vernaculaire (Marcella est Bolognaise), et nos sisters concluent l’affaire sur une irrésistible reprise du “Total Eclipse Of The Heart” de Jim Steinman (dont Bonnie Tyler tira un hit transatlantique). Moins sophistiquées que Manhattan Transfer (mais davantage par-contre que Pink Martini, et dans tous les cas bien plus fun), les Puppini se produiront le 1er mai à l’Union Chapel de Londres, et d’ici-là nous quittent sur un “We’ll Meet Again” a-capella en guise de bref phantom track. Le King Charles (qui s’y connaît en rococo) en serait, paraît-il, toqué: le score tout désigné pour un “Afternoon Tea” comme les affectionnait Sir Raymond Douglas Davies (avec un nuage de lait, please).

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, April 12th 2026

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The Puppini Sisters: The Birthday Tour – Friday 1st May 2026