| Blues-Rock |
Dana Fuchs nous revient avec son dixième album en 23 ans de carrière discographique (si l’on y inclut la B.O. du film “Across The Universe” et deux précédents live). Comme elle le confesse dans le communiqué de presse, son prédécesseur, “Borrowed Time”, paru voici quatre ans déjà, n’a pas connu un succès considérable (en termes de ventes s’entend), et la dame (dont on ne révélera pas l’âge, bien qu’elle paraisse vingt ans de moins) traversait depuis une période de doute bien compréhensible. C’est dans ce contexte que son manager lui proposa d’enregistrer un des concerts de sa mini-tournée de l’automne 2025 au Royaume du Danemark (dont Shakespeare supputait qu’il recelait quelque chose de pourri, mais dont, hormis “Hamlet”, on semble avoir perdu la trace depuis). “Certes, et pourquoi pas“, lui répondit la fière amazone du New-Jersey (bien qu’élevée en Floride), mais pourquoi donc se limiter à un seul gig? Invoquant le charme de la spontanéité, ses décideurs placèrent d’emblée l’artiste sous l’inévitable pression inhérente au one-shot. En effet, en pareilles circonstances, ça passe ou ça casse: pas de rattrapage possible par le truchement de prises alternatives, tandis que les opportunités de retouches postérieures s’avèrent forcément limitées. Sans illusions démesurées quant au potentiel résultat final, la belle se prêta néanmoins au jeu – et bien lui en prit, puisqu’à l’arrivée, ce dernier dépasse toutes les espérances. Toujours aussi rauque, son timbre vocal (justifiant plus que jamais la comparaison avec celui de l’immémoriale Janis) fait merveille au fil de ces dix plages, où le blues-rock le dispute au rhythm n’ blues le plus brûlant. À sa dextre, son complice, le bien nommé Jon Diamond officie toujours avec la sagacité qu’on lui connaît (personnifiant à la fois Keith Richards et Mick Taylor sur les stoniens “Hard Road” et “Borrowed Time”, ainsi que Gary Rossington et Allen Collins sur les puissants “Blue Mist Road”, Battle Lines” et “Curtain Close” sudistes). Comme de coutume, la majorité des titres porte les signatures conjointes de ces deux complices, à l’exception notable du “Home Is Where The Hatred Is” du regretté Gil Scott-Heron (où Diamond se fend d’un chorus à décoiffer Santana en personne), et du “Sympathy For The Devil” des Glimmer Twins qui ferme le ban avec panache. Du ragtime blues électrifié (le truculent “Superman”, évoquant la Joplin backée par les Doors) à l’émouvant “Nothing You Own” (la même avec Big Brother & The Holding Company), y feulant telle une authentique panthère écorchée, Dana confirme quelle performeuse de premier rang elle demeure. Son coffre, son tempérament et son pouvoir d’évocation insufflent à cet opus la flamme des plus grands manifestes captés en public. Foncez!
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, April 9th 2026
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