| Americana |
À la tête d’une bonne quinzaine d’albums publiés en un quart de siècle, Turner Cody s’est inscrit de plein droit parmi la sainte trinité de l’historique scène Anti-Folk new-yorkaise du début de ce millénaire (auprès d’Adam Green et Jeffrey Lewis). Ce natif de Boston se produisit en effet deux bonnes décennies durant dans le circuit des bars et clubs du East Village et du Lower East-Side, avant de s’installer dernièrement à Saint-Louis, Missouri, avec femme et enfant. Entre temps, il enregistra son dernier album en date, “Friends In High Places”, sous l’égide du producteur belge Nicolas Michaux, avec le soutien des Soldiers Of Love (Clément Nourry, lead guitar, Ted Clark, basse, et Morgan Vigilante, batterie), et c’est en la même compagnie qu’on le retrouve à présent (augmentée des claviers de Yannick Dupont sur deux titres, des baguettes de Théo Lanau sur deux autres, et de la trompette de Paxton Marler sur deux encore). On reconnaît la faconde facétieuse commune à Jeffrey Lewis, Herman Düne et Jonathan Richman sur l’enlevé “We Need Each Other” d’ouverture (“I need her to get to heaven, she needs me to get to work… a man needs a woman to make him better, and a woman needs a man, but she don’t need you”), où son New-York drawl nasal évoque celui d’un Lou Reed farceur. Le calypso “Recognize A Friend” persiste dans la même veine, et les six cordes de Nourry y tressent d’allègres entrelacs tex-mex, avant que “Cigarettes Inside” ne change totalement de registre. Ballade languide comme en concoctaient jadis Kris Kristofferson, Leonard Cohen et Townes Van Zandt, ce titre inaugure une facette jusqu’alors moins courue du talent de Turner Cody: le classic american songbook, dont la plage titulaire, ainsi que “Drinkin’ In The Land Of Lincoln”, l’aérien “The Walls Are Closing In” et le très Merle Haggard “Evening Prayer” se révèlent d’autres déclinaisons. Sa veine caustique n’en persiste pas moins au fil de “Particular Poison” et des dylanesques “Delmar Avenue”, “Pay For Being Free” (son irrésistible trompette mariachi) et “My Song On The Radio” (au Farfisa malicieux, façon Augie Meyers chez Doug Sahm). Oscillant entre folk, country et americana, ces onze vignettes captées à Bruxelles (aux studios Free House) signalent, autant qu’elles le confirment, l’avènement d’un nouveau songwriter majeur dans notre paysage culturel.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, February 4th 2026
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