| Classic Rock |
Décidément, après celles de Piper et de Ratchell (toutes deux chroniquées ICI et ICI), nos amis de Bad Reputation n’en finissent pas d’excaver certains des incunables les plus méconnus du classic-rock US des seventies, pour en proposer des rééditions luxueusement remastérisées (et augmentées de bonus tracks). Formé dans l’Illinois en 1969, Head East a compté plus de 40 membres distincts au fil de ses line-ups successifs, et persiste à se produire encore de nos jours, sous la houlette du dernier de ses fondateurs (le claviériste Roger Boyd). Après le succès régional rencontré par un premier album enregistré à Pekin (dans l’Illinois, ne rêvons pas) en 1974 (et initialement publié sur le label local Pyramid), ce quintette signa chez A&M pour son second effort que voici. Entre Guess Who (ainsi que leurs successeurs Bachman Turner Overdrive) et les Doobie Brothers période Tom Johnston, le “When I Get Ready” d’ouverture hisse en exergue les atouts de la formation: un frontman exubérant aux prouesses vocales manifestes, doublé d’un guitariste et d’un keyboardman aussi roués que volubiles, le tout propulsé par une rythmique d’airain, aussi énergique qu’implacable. Mais leur botte secrète, qui les détachait de la majorité du peloton de leurs contemporains, résidait alors dans leurs harmonies vocales. Comme chez les Doobies ou les Eagles (seuls dans cette catégorie à pouvoir les égaler sur ce plan), les cinq membres s’avéraient en effet d’excellents chanteurs, ne s’abstenant jamais de renchérir par des chœurs d’une justesse et d’un entrain confondants, ainsi qu’en témoignent leurs prouesses sur “Separate Ways”, “This Woman’s In Love”, “I Don’t Want The Chance” et “The Victim” (tous dignes des premiers Steely Dan). La proximité avec les Doobies se confirme également sur les épatants “Sailor”, “Monkey Shine”, “Trouble” et “Love Me Tonight”, où la complémentarité entre claviers, guitares (acoustiques et électriques) et vocals à l’unisson s’épanche au fil de compositions parsemées de breaks judicieux. Aussi accompli en slide électrifiée qu’en power-chords ou en arpèges délicats, le sorcier des six cordes Mike Somerville et celui des claviers Roger Boyd pouvaient également proposer des cavalcades éperdues telles que “Jailer” et “Jefftown Creek”, ainsi que des mid-tempos lyriques comme “Love My Blues Away” et ce “Sands Of Time” préfigurant étrangement Scorpions, qui auraient tous pu en remontrer au Deep Purple contemporain de “Come Taste The Band”. En bonus, cette réédition aligne trois extraits de leur album précédent (“Flat As A Pancake”), ainsi que deux du successeur de “Get Yourself Up” (“Gettin’ Lucky” en 1977), parmi lesquels se signale leur hymne historique “Never Been A Reason”. Les férus de cette époque épique ne joueront sans doute pas les porc-épics à la découverte d’une time-capsule aussi goûteuse.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, February 3rd 2026
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Album à commander ICI, sur le site de Bad Reputation
Tracklisting:
1. WHEN I GET READY
2. SEPARATE WAYS
3. THIS WOMAN’S IN LOVE
4. I DON’T WANT THE CHANCE
5. SAILOR
6. MONKEY SHINE
7. JAILER
8. LOVE MY BLUES AWAY
9. THE VICTIM
10. TROUBLE
Bonus tracks
11. NEVER BEEN ANY REASON
12. LOVE ME TONIGHT
13. JEFFTOWN CREEK
14. GETTIN’ LUCKY
15. SANDS OF TIME