THE KENTUCKY HEADHUNTERS – Live At The Ramblin’ Man Fair

Alligator
Blues-Rock

Pour nombre de puristes ayant connu Alligator à sa fondation, la publication de cet album signera l’utime trahison. Comment peut-on en effet avoir débuté avec Son Seals, Carey Bell et Hound Dog Taylor, pour finir par céder au southern-rock blanc le plus crasse…? Ces réserves, bien compréhensibles de la part d’enthomologistes auto-patentés, cèdent toutefois à l’écoute de la rondelle en question. Tout d’abord, hormis les irréductibles grenouilles de chapelles, le véritable public du blues, du boogie et du rock n’ roll s’en tamponne, de ces étiquettes et tiroirs tout juste bons à l’empêcher de prendre son pied en sirotant sa flasque, tout en tirant sur son diffuseur de fumée/vapeur favori. Car à l’instar des affreux de Skynyrd et Point Blank, les KENTUCKY HEADHUNTERS n’y entravent que dalle, à ces frontières clôturées par des intellos que le remugle de crottin révulse. Cette formation trouve son origine dans un groupe formé en 1968 par des teenagers de la bourgade d’Edmonton, Kentucky. Itchy Brother y fut en effet fondé par d’autres frères Young que ceux de Sydney: Fred, le batteur, et Richard, guitariste rythmique. En près de vingt ans de circuit local, la formation s’établit une solide réputation, tout en peinant à en déborder le cadre. Après s’être relocalisés à Nashville (où leur manque notoire d’orthodoxie leur valut le mépris des local cow-boys), ils se rebâptisèrent Chasseurs de Têtes (HEADHUNTERS) pour repartir à l’assaut, avec un line-up sensiblement remanié. Une douzaine d’albums plus tard, ils effectuaient l’été dernier leur première tournée européenne en un demi-siècle, et sidéraient sur pied les audiences qui eurent l’heur de les y saisir à chaud. C’est que ces vétérans comptent en Doug Phelps le soliste pyrotechnique qui sied à leur matricule, et qu’il y aura toujours place et demande en ce bas monde pour des mavericks de la même lignée que les Dusters de Ken McMahan et les Georgia Satellites de Dan Baird. Quant aux puristes ci-dessus évoqués, qu’ils ravalent leur fiel avec leur dentier, car le pédigrée de ces lascars intègre une collaboration avec l’impérial Johnnie Johnson (pianiste et éminence grise de Chuck Berry), dont ils disséminent trois extraits studio en bonus. Vingt-dieux, il vous en reste encore beaucoup, de ces secrets aussi bien gardés?

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

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THE KENTUCKY HEADHUNTERS – Live At The Ramblin’ Man Fair – un album à retrouver sur le site web du label Alligator, ICI

“Rowdy, twanging, wild-eyed Southern rockers perform songs that insist on down-home roots. The Headhunters bring a sense of bar-band recklessness, riffing with unchecked muscle, combining country roots with ferocious, bluesy hard rock.” – The New York Times

“Substantial, guitar-driven Southern rock…crunching guitars and aggressive percussion.” – Rolling Stone USA

“One of the best and most influential country rock bands. Seamless harmonies, genre-bending, Clapton-esque guitar work. Potent and unique.” – NPR Music

THE KENTUCKY HEADHUNTERS – Live At The Ramblin’ Man Fair – sortie le 11 Janvier 2019

THE KENTUCKY HEADHUNTERS – Live At The Ramblin’ Man Fair – un album à commander directement sur le site de Alligator, ICI