KARIM ALBERT KOOK – Il était un voyage

Blues

“Le blues, c’est l’histoire de l’interprète qui s’identifie aux personnes qu’il va rencontrer. Ma musique est un blues moderne sans limite de frontières. J’appellerais cela du blues world. Je prends les mêmes principes que les pionniers du blues ont utilisés. C’est-à-dire faire évoluer cet esprit de la musique, ce genre musical, au fur et à mesure des rencontres. Le blues n’est pas statique. Il a toujours évolué selon les gens qui l’ont inspiré. Le blues en lui-même est une musique qui nous vient du Mali, tel qu’on peut l’imaginer à la John Hooker. En réalité, le blues n’est pas figé. Il est parti en Amérique pour rencontrer l’Europe. Comme, malheureusement, les Noirs africains sont partis en Amérique en esclaves, ils ont été contraints d’apprendre la musique des européens. Ce faisant, ils ont mélangé leur culture à celle des européens. C’est ce que nous avons aujourd’hui. J’ai voulu garder le même état d’esprit que le blues m’a donné, en mélangeant mes racines d’Algérie avec celles de l’Europe et de l’Amérique. Il faut dire que j’aime beaucoup la musique américaine.” – Karim Albert Kook (extrait d’une interview réalisée pour Pressreader).

Avec ce quatrième album ‘Il était un voyage’, Karim Albert Kook nous convie au partage sur les chemins de son parcours initiatique. Fidèle à la langue de Molière, dont il est un de nos bluesmen de coeur dans cette discipline prisée du blues chanté en français qui lui sied à merveille, Karim a écrit les textes de ses 10 chansons et a composé les musiques avec son ami le batteur franco-camerounais Félix Sabal-Lecco. Loin d’être le premier venu, ce dernier a joué aux côtés de pointures internationales comme Peter Gabriel, Prince, Sting, Jeff Beck, Salif Keïta ou encore Alan Stivell.
Lorsque le jour se lève sur la ville endormie, la voix et les accords de guitare de Karim Albert Kook dès ce premier titre, ‘Nevada’s Mood’, vous envoutent. Vous êtes ailleurs, un peu décontenancé et partagé entre deux mondes, celui d’aujourd’hui dans la luxure d’un casino et celui d’hier tel un mirage qui ressurgit, perdu dans le désert, guidé par le rythme des percussions d’un peuple qui depuis longtemps a perdu ses libertés. Longue est la route de l’exode humain, de l’Afrique à l’Europe, de l’Occident à l’Orient. Elle vous mènera comme par magie sur les rives de la Méditerranée, au coeur de cette ville que l’on surnomme El Badja, El Mahrussa ou encore El Beida, jusqu’aux confins des dernières terres du Hoggar, laissant place à l’immensité du Sahara.
Au fil des titres, ‘Inspiration Point’, ‘Alice ma fille’, ‘Karma’, ‘Il était un voyage’, entre ombre et lumière, dès la faible clarté de l’aube naissante jusqu’à l’incandescence d’un soleil couchant, se côtoient les couleurs de l’arc en ciel pour ne faire qu’une, celle de la mixité des fresques de la vie.
Une bonne dizaine de musiciens accompagne Karim Albert Kook. Chacun d’eux apporte avec la diversité de ses instruments, percussions, basses, keyboards, violon, trompette, ukulélé, buggle, flûte traversière et harmonicas, une touche personnelle pour ce métissage musical hors du temps qui passe.
Citons encore ces compositions aux textes poignants: ‘Si j’oublie,’ ‘Près de toi’, et celui là, tout particulièrement, ‘Trop tard’, qui à l’écoute, et heureusement je suis loin d’être le seul je pense, m’a touché au plus profond de moi-même.
Voici pour vous quelques paroles de cette chanson ‘Trop tard’:
“Nous n’avons rien compris, ainsi va la vie. Quand c’est trop tard, c’est sûr chacun se rassure. Synagogues, Mosquées, Cathédrales, bacchanales, le ciel a ses étoiles, la terre les dévoile….”
Belle réflexion sur les rêves et les espoirs, mais également sur la place que nous prenons dans ce monde et ce que nous y laisserons au contact de ces religions qui nous séparent ou qui nous lient. A méditer…
Deux reprises figurent dans cet album: ‘Faut que j’me tire ailleurs’ de Monsieur Bill Deraime, en duo avec Karim sur ce titre, ainsi que ‘Travailler c’est trop dur’ du cajun Zachary Richard.
Amis lecteurs de Paris-Move, procurez vous cet album de toute urgence! ‘Il était un voyage’ est à conjuguer au présent, car loin d’être traditionnel, le blues de Karim Albert Kook est universel et intemporel. Il est le sésame pour soulager les bleus à l’âme.

Alain AJ-Blues
Rédacteur en chef adjoint – Paris-Move

PARIS-MOVE, July 25th 2019

Copyright – Photo de Karim Albert Kook: Alain AJ-Blues (rédacteur en chef adjoint – Paris-Move)

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