FATS DOMINO – The Indispensable 1949-1962

Frémeaux & Associés
Rhythm 'n' Blues

J’ai un ami de longue date, à la fois passionné et érudit de rock n’ roll, qui en dépit de tous mes efforts, persiste à demeurer réfractaire à Fats Domino. La faute à “Blueberry Hill”, qu’il continue à associer au “Danube Bleu”, “Whiter Shade Of Pale”, “When A Man Loves A Woman” et autres scies pour mémères: l’André Rieu noir, en somme. Combien sont-ils encore, à confondre ainsi l’arbre et la forêt? Plus d’un demi-siècle après son apogée, l’œuvre d’Antoine Dominique Domino (aka Fats Domino) demeure ce pan incontournable de la culture américaine, issu du riche contexte néo-orléanais. Bien que popularisée par sa figure lisse et bonhomme, la musique de Fats Domino n’était à ses débuts nullement policée. Ancrée dans la foisonnante tradition musicale louisianaise, sa pléthorique production fut abondamment documentée, et tout complétiste peut désormais s’en procurer l’intégrale. Peu d’anthologies permettent cependant d’en apprécier la chronologie et les origines, et celle-ci, véritable “dictionnaire amoureux” de Fats, présente l’intérêt précieux de la mettre en perspective. En pas moins de 6 CDs et 120 plages soigneusement sélectionnées et mastérisées, Bruno Blum (qui en signe également le livret détaillé) propose ici la crème de Domino. Si les emprunts au patrimoine local abondent (“Mardi Gras In New-Orleans” ou “Hey Là Bas Boogie”, chipés au répertoire de Professor Longhair), les boogie-woogies speedés et tuants fusent (ainsi du “Domino Stomp”, dans la droite ligne des pionniers virtuoses Albert Ammons et Pete Johnson), de même, parmi ses tout premiers enregistrements, que les emprunts au blues (“Don’t Lie To Me” de Tampa Red, “Trouble In Mind” ou “What’s The Matter Baby”, pastiche de Charles Brown, à la manière de ceux auxquels s’essayait alors le jeune Ray Charles). Ses premiers hits (“Don’t Leave Me”, “All By Myself”, “Ain’t That A Shame”, “I’m In Love Again”, “Blue Monday”, “My Blue Heaven”, “My Girl Josephine” et l’électrisant “I’m Walking”) côtoient des rumbas et cha-chas endiablés (“Ain’t It Good”), typiques des clubs locaux. Les superbes instrumentaux disséminés au fil de ce coffret achèvent de confirmer le statut mérité de ce géant débonnaire qu’est Fats Domino au panthéon de la musique moderne. L’occasion rêvée de (re)visiter un monument de swing!
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Patrick Dallongeville
Paris-Move, Blues Magazine, Illico & BluesBoarder
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