The Shakin’ Mates au Blackstone, à Barbizon

Reportage : Funny G’
Photos : © Funny G’
The Shakin’ Mates au BlackStone, à Barbizon (77) le 23 Septembre 2017

En intro, mon aparté sur l’enseigne, à propos de laquelle il y a un tapis rouge à tirer, pour que le chaland sache qu’il y a, à l’extrémité virtuelle de ce tapis rouge, une superbe salle atypique qui peut se targuer de défendre de belles affiches, de vouloir proposer des concerts de vrais musiciens talentueux, mais que de trop nombreux clients n’honorent pas comme il se doit ce que Gilles, le boss du lieu, s’efforce à proposer!

C’est donc un COUP DE GUEULE que je pousse, soutenu en cela par mon rédacteur en chef, envers ceux qui veulent se faire offrir le haut de gamme en qualité de talents mais qui ne se bougent de chez eux que si le service est assuré jusqu’à leur paillasson, alors que dans le même temps ils vont s’offrir des concerts de “produits de grande consommation radiophonique à maigre teneur artistique” à prix scandaleux et à plus de cent kilomètres! Le constat m’exaspère, d’autant plus que cette salle n’est pas la seule à subir ce type de désaffection. Le Pitchtime est une autre “petite” salle qui mériterait un public plus nombreux que les habitués et fidèles de la première heure. Une prise de conscience s’impose pour faire vivre le talent créatif national et soutenir ceux qui prennent des risques pour faire jouer ces artistes, ces musiciens, ces petits groupes. Et que l’on désigne comme “petits” groupes alors qu’ils n’ont de petit que la diffusion en radio qu’ils n’ont pas les moyens de s’acheter.

Ce coup de gueule poussé, retour à la culture avec THE SHAKIN’ MATES. Parlons-en!
Leur Histoire, depuis la naissance du groupe dont Francis Lachet reconnait la paternité, s’est déroulée comme ce qui vous est narré, sur leur site, ICI.

Je viens me poser, pour ma part, le temps éclair d’une série d’images à encrer dans vos yeux, voire en tapisser vos oreilles de fan, d’une farandole de posters! Let’s Rock it!
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Ce samedi 23 septembre 2017, THE SHAKIN’MATES a marqué l’histoire de cette super-salle qu’est le Blackstone. Christophe Salmon, batteur historique du groupe, Pierre Houllier, bassiste qui conforte la teneur du groupe, et Giuliano Casati se sont encore ligués pour diffuser leur Rock’n’Roll Therapy avec énergie, plaisir partagé et communion avec le public présent. Il manquait hélas de nouveaux fans, qui ne connaissaient pas le groupe, peut-être, et qui ne sont donc pas venus. Sans doute plantés devant leur télé et leur téléréalité à faire pleurer tellement le niveau proposé est pauvre. Et après, ces mêmes personnes viendront se plaindre qu’il ne se passe rien, que rien n’est plus “comme avant”. Avant le virtuel et tout ce que internet permet et propose comme musique en numérique merdik? Avant, lorsque l’on sortait et que l’on allait aux concerts? Avant, quand il y avait des salles? Mais certains se décarcassent comme des fous pour faire vivre leurs petites salles, et ils sont boudés. Peut-être parce que pas assez chic? Pas assez bobo? Je l’ai dit, mais mieux vaut le redire: une prise de conscience s’impose pour faire vivre le talent créatif national et soutenir ceux qui prennent des risques pour faire jouer ces artistes, ces musiciens, ces petits groupes.

Retour à ce super concert des SHAKIN’ MATES. Avec toujours ce grand plaisir à réécouter Francis Lachet, à la guitare rythmique mais aussi à la voix, et en vrai, comme sorti des CD. Une signature pure et rare, haut perchée, pas uniquement dans les partitions! C’est limpide et solide, régulier en tenue, et avec émotion. Son timbre envoie aussi des modulations sensibles qui rendent la copie difficile, car n’est pas Francis Lachet qui veut. Avec toujours cette concentration et ce don de soi qui le rendent unique, quand il est sur scène. Unique, disais-je, pour moduler du Blues pur et dur au Hard Rock, en faisant étape dans le Rock Sudiste ou dans le Pop-Rock, et j’en passe, pour 20 titres que le groupe nous a offert ici!

Et puis il y a le “p’tit nouveau”!
Ouais, croyez-le! Un p’tit qui n’a plus qu’à monter aussi vite qu’il mérite d’être porté. Une notion de “p’tit” (avant “nouveau”) dans la formation qui va très vite disparaitre, car il arrache, le bonhomme! Il assure, ce Giuliano Casati. N’hésitez pas à graver ou tatouer son nom bien en vue, surtout, car le loustic va faire parler de lui. Loin de moi l’idée à trois sous de le comparer à qui que ce soit, ou à défaut le mettre sur une ligne à la hauteur du piédestal de certains grands à la gratte… Discret, peu volubile au premier abord, il s’éclate quand vient le top départ. Avec sa six cordes il sait s’exprimer avec éloquence, puissance ou volupté, quand nécessaire, et envoyer en tous sens les techniques et méthodes acquises. Au Blackstone nous avons découvert un grand et vrai talent!

Un début en wheeling avec “Sharp Dressed Man”, tout en puissance, puis un peu de douceur sur “Unchain My Heart”, en passant plus tard par un énergique “Bad To The Bone” ou encore “The Jack”, sans bien sûr omettre leurs compositions issues de l’album “No Pain, No Gain”, voire du tout frais “Rock and Roll Preachers” dont je ne vais pas tarder à me faire une excellente opinion et dont j’ai déjà eu vent positif “en coulisses”, Parole de Django !

En wheeling disais-je, en zoomant votre attention sur ce que fit chacun, comme Christophe Salmon sur les fûts qu’il rendait aigus ou plus graves au besoin des interprétations. Pilier du fond de scène comme le sont souvent les batteurs, il se trouvait cette fois “en terrain découvert”, visible, là où son parterre de fans le hèle pour passer par ses yeux. Avec toujours cette maîtrise qui en épate plus d’un, de cogneurs de fûts! Quoi dire de plus qui n’engendre plus encore un fanatisme des personnes présentes ce soir-là? Un pléonasme?

Et “Monsieur” Pierre Houllier aussi a fait le show! Plaçant savamment ses basses là où mélodies ou rythmes soutenus étaient attendus des meilleures oreilles. Un “Monsieur” qui, sans faire de discours pédants, sait faire comprendre qu’il n’est pas qu’un tireur de ficelles graves. Ce soir, pas d’envolées spectaculaires ou délirantes, mais une excellente présence, une vraie prestance, un soutien incontournable, en toute modestie. Égal à lui-même dans la constance du personnage, un atout de la maison à quatre piliers maîtres que constitue THE SHAKIN’ MATES house.

Sur le site du groupe (je vous le redonne ICI) vou trouverez les prochaines dates de concert des Shakin’ Mates, donc les excuses peuvent retourner à l’obscurité!

Invitée d’honneur dans cette belle soirée, la charmante et talentueuse Jessie Lee Houllier. Dois-je préciser que ce fut un point d’orgue supplémentaire?
La Dame a tenu le duo de sa voix intense avec Francis, et l’émotion a encore pris quelques forts pourcentages de cotation, tout en partage, y compris de microphone. Une cerise sur le gâteau musical que fut cette soirée et que malheureusement trop peu de personnes eurent à se partager. Car oui, la salle n’était pas blindée, et c’est bien dommage. Dommage pour le boss du Blackstone, qui y croit encore, et toujours, et dommage pour ces artistes qui méritent beaucoup mieux qu’un carré de fidèles.
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Reportage : Funny G’
Photos : © Funny G’
The Shakin’ Mates au BlackStone, à Barbizon (77) le 23 Septembre 2017